Un parti qui réconcilie avec la politique
…une politique par la preuve, qui supplante peu à peu les démarches de promesse…
Le champ politique dans une configuration d’orientations de proximité aura davantage de chance d’être réinvesti par les citoyens.
Il nous faut aussi une politique par la preuve, qui supplante peu à peu les démarches de promesse. Il en est des multiples expériences locales, qui peuvent constituer un levier et les meilleures des « promesses » à mettre en oeuvre.
Ceci parait évident ? Ce n’est pas sûr. IL me souvient d’avoir croisé à La Rochelle, en 2006 un camarade du parti après le discours introductif de SRoyal portant sur un descriptif local. « Tu as vu le niveau?» me dit-il. « C’est à peine un discours de compte rendu de mandat de conseil général pas de future Présidente ». Au delà du mépris affiché, et pour SRoyal et pour le CG quelle conception de la politique s’exprimait ainsi ? Pour lui la politique ce n’était que prestation, idéologie et au final déconnexion du réel.
…Un droit au politique peut être mis en chantier au même titre que le droit syndical…
Avec le PS, il nous faut une nouvelle façon de faire de la politique. Le PS doit attirer des militants. Un droit au politique peut être mis en chantier au même titre que le droit syndical, les adhésions encouragées par de nombreux moyens à imaginer.
Or on affirme que de nombreux nouveaux adhérents ont quitté le parti. Logique s’ils n’y ont trouvé aucune place, suspicion, encadrement dirigé, ou au contraire vide, en attendant d’autres élections. Un citoyen ne se sent pas forcément bien dans les réunions de sections.
Au moment de la désignation pour la candidature présidentielle, que n’a-t-on entendu dans les réunions « Désirs d’avenir » quand on faisait un bilan des discussions des sections. Dans telle ville ou dans telle autre, personne ne s’exprimait en faveur de Ségolène Royal, les responsables ayant un avis différent. Mais…, au café, dans la rue, il se disait que le vote SR était acquis (60% dans le 40) Pourquoi cette parole pourtant possible, ne l’est pas en réalité ? Nous devons à la vérité de dire que le mélange pour débattre de responsables élus, de militants employés communaux, ou associatifs liés à la ville, de personnes isolées et minoritaires, peut figer l’expression libre. Le pouvoir mal exercé engendre à tous niveaux autocensure et affaiblissement de l’esprit critique.
Dans les sections, il convient d’ouvrir portes et fenêtres, afin que chacun trouve un rôle qui ne peut être celui d’entrer ou non dans un des cercles entourant les élus.
Si l’objectif est celui-ci les recettes n’existent pas, sauf au cas par cas sauf dans l’ouverture d’esprit, la qualité des femmes et des hommes qui savent au bout du compte que personne jamais, n’a rien à imposer à quiconque. S‘il n’y a pas de recettes, il existe des écueils à éviter.
…Des écueils à éviter….
□ Celui du militant au dessus du citoyen, de l’adhérent qui, parce qu’il est au parti, se situerait à un niveau qui l’incite à dire pour les autres ou à prétendre dire le vrai.
□ Celui de la défense de l’organisation à tout prix. La vérité ne procède pas du parti mais des faits, le parti devant apporter réponse. Ces dérives expliquent en partie de vieilles peurs qui font craindre d’être embrigadé en adhérant.
□ Celui « du tous pour un et un pour tous » d’un parti dans lequel pas une tête ne doit dépasser. La diversité des militants reconnue, acceptée, exprimée dans le cadre d’orientations générales, est une condition nécessaire au fonctionnement d’un parti de masse.
□ Celui, simplement, d’un parti d’élus ou d’aspirants élus. Le centre de gravité du parti ne peut pas être la vie municipale avec comme seule perspective de savoir comment « dégommer » un tel ou promouvoir tel autre ou de faire aboutir tel ou tel dossier. Son action est dans la société, dans les comités de citoyens, les associations de vigilance ou les dynamiques locales indispensables à mettre en route.
□ Celui d’un parti qui se regarde lui-même, davantage, que le société qu’il prétend combattre. Le fonctionnement en courants accentue l’idée que militer revient à accepter un moule. Les nouveaux adhérents en particulier ne l’acceptent pas. Un scrutin interne majoritaire matiné de proportionnelle, type municipal est donc à promouvoir.
jch 01-2008
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