TRAVAILLER TOUS POUR GAGNER TOUS : plus de respect pour les PME, plus de masse syndiquée.
Question 5
Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
Faire profiter une entreprise est l’affaire de tous ses acteurs.
Un salarié, un ouvrier ou même un fonctionnaire, constituent chacun un des maillons de la chaîne de production des richesses générées par le travail.
Il me paraît logique et juste sur le plan moral, que la répartition des gains se fasse de manière multi latérale et qu’elle soit la résultante de la croissance. Cette répartition doit être en conformité ou en adéquation avec la quantité des efforts fournis, au titre individuel, pour que les encouragements et toutes les formes d’investissements, qu’ils soient personnels ou collectifs, soient récompensés.
Un syndicalisme puissant et efficace est donc à l’ordre du jour. Comment pourrait on envisager un syndicalisme de masses ?
Dans les PME, à part les conventions collectives, il n’existe pour ainsi dire pas, de représentation syndicale, or, dans un pays comme la France, où celles-ci constituent à elles seules la majorité du tissu économique et l’un des employeurs principaux, il me paraît honnête de faire remarquer, que c’est une lacune majeure. En effet, le salarié de PME, est impuissant, et ce d’autant plus, dans un contexte de crise de l’emploi sur le plan national.
C’est donc en commençant par les PME, que nous pourrons, à la fois, gagner sur le plan de la flexi-sécurité et sur le plan du moral des employés consommateurs. De manière sous-jacente, se profile le faible pouvoir d’achat des catégories de population ouvrières et salariées.
Il fait aussi parler, et ce de manière franche, des blocages que vivent les patrons des PME, qu’ils soient d’ordre administratif ou de l’ordre des investissements, des impôts ou encore d’ordre purement juridique.
Les PME sont absentes de la plupart des grèves nationales, or il n’est pas juste que leurs salariés, aient si peu la possibilité de s’exprimer à travers la grève, comme c’est le cas dans la fonction publique ou dans le salariat des grandes entreprises qui bénéficient d’une aide syndicale. Il existe deux poids deux mesures, et cela continue de marginaliser les PME. Les patrons de PME, sont eux-mêmes exclus du processus d’expression que représente la grève, car ils sont le plus souvent assujettis aux plus grandes firmes, car ils en sont les sous-traitants, les clients ou encore les fournisseurs.
Un syndicalisme de masse est donc largement souhaitable, et ce, en vue de la liberté de l’entreprise et de ses salariés.
Les actionnaires ont une part de profit, trop souvent disproportionnée, et cela va de pis en pis. Les banques exercent une pression parfois trop importante sur les PME et agissent plus au nom de leurs seuls intérêts, qu’au nom de la pérennisation des entreprises jeunes ou même en difficulté. Les banques ne prennent plus trop de risques…
Or, la création d’entreprise souffre de ce climat de défiance. Les initiatives à l’exportation aussi. De même que la recherche de nouveaux partenariats et de nouvelle clientèle. Et malheureusement, se profile la peur de l’embauche.
La situation de l’emploi et directement liée au moral des chefs d’entreprises, à lus forte raison celui des patrons de PME.
Dans les PME, dont les salariés seraient désireux de faire grève, pour des raisons aussi profondes que réelles, ne serait-il pas possible d’inventer de nouvelles expressions de revendication ? Une grève du zèle ? Une opération de ralentissement de la production telle qu’elle en devienne réellement gênante ? La dénonciation par voie de presse, des problèmes rencontrés ? Une production ou un service partiels ?
Les patrons et les clients ne sont pas les rois, lorsqu’une masse salariale souffre au travail et hors travail. Une masse salariale qui souffre, comme aujourd’hui avec ce pouvoir d’achat qui se réduit comme une peau de chagrin, comme ces salariés qui se suicident car la pression qu’on leur fait supporter est trop intense, comme ces salariés qui partent au travail avec cette boule au ventre si dévastatrice, comme ces salariés qui ne récoltent plus vraiment le fruit de leur travail, comme ces ouvriers qui risquent leur vie, comme ces employés qui se battent entre eux de manière parfois mesquine et délétère afin de conserver leurs postes ou obtenir la reconnaissance du petit chef, comme ces salariés qui préfère doucement crever au travail que sortir dans la jungle du travail précaire ou du pointage dans une ANPE devenue pour certains l’Agence Nationale Pour l’Entreprise et non plus pour l’Emploi.
Un patronat de PME qui souffre de ne pouvoir embaucher, qui souffre de voir que les salaires qu’il verse à ses employés ne sont plus en adéquation avec la vie chère, qui souffre de voir des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, qui souffre de ne plus entrevoir les perspectives d’évolution,de modernisation, de croissance ou de formation de sa masse salariale, qui souffre enfin d’avoir toujours le mauvais rôle, car certains patrons de très grandes entreprises salissent leur renommée par le biais de parachutes dorés non mérités, d’indemnités de licenciement outrancières et aussi par le biais des délocalisations traîtres. La aussi, il faut de l’ordre juste, car il est intolérable d’assister au servage des patrons des PME, organisé de manière transversale par les patrons des très grandes entreprises macrophages et sans scrupules.
Ici réside un contre pouvoir potentiel de taille : donner plus de « pouvoir » aux PME, car elles le valent bien et qu’elles sont un des poumons de notre vie et tissu économique.
Les capitaux qui filent à l’étranger de manière opaque, comme par exemple vers les paradis fiscaux est contraire à l’intérêt général. C’est malhonnête et ça s’apparente à du vol. Cela doit être très sévèrement puni, et d’autant plus que nous vivons dans un contexte de crise économico financière et que cela relève de circonstances aggravantes. Là aussi existe un potentiel de contre pouvoir.
Toute entreprise ou filiale d’entreprise dont les bénéfices sont produits à raison de plus de 50 %, sur le territoire Français, devrait être dans l’obligation d’avoir son siège en France, et par là, relever de l’imposition Française, qu’elle soit Française ou pas à l’origine. L’effet d’aubaine que créent parfois les délocalisations s’en verrait sérieusement réduit.
Les entreprises où les syndicats n’assurent pas de présence, pourraient s’unir dans un mouvement de revendication autonome et nouveau. Faut-il changer des règles ? Faut-il imaginer encore un nouveau syndicat inter professionnel à ce sujet ? Faut-il appliquer des lois qui existent déjà ? Faut-il éduquer les salariés des PME, sur ces mêmes lois ? Je ne suis pas expert en la matière, et loin s’en faut : c’est pour cela que j’ouvre ici un débat et encourage les syndiqués experts et actifs à travailler dans le sens de la transmission de leur savoir. En tant que salarié de PME, je me sens totalement démuni et désarmé, surtout lorsque ce 22 Mai 2008 prochain, j’aurai aimé être en mesure de joindre le mouvement de grève national.
Je vois une France à deux vitesses à ce sujet et rien n’est fait pour informer des travailleurs comme moi. C’est regrettable. Bienvenue aux contributions utiles et sereines en ce sens, pour que les millions de personnes qui sont dans mon cas, puissent posséder un embryon d’outil afin d’organiser eux aussi l’expression de leur désarroi.
Les syndicats en France, en 2008, me paraissent unis dans une certaine mesure, mais se font-il suffisamment entendre ? N’y a-t-il pas une tentative de nos gouvernants actuels de faire en sorte que les syndicats restent sur une position de second plan sur la scène médiatique, comme sur la scène politique ? Le dialogue entre les syndicats, les partenaires sociaux, les partenaires économiques et le gouvernement, est il assez transparent ? Les médias, encore une fois, font ils leur travail d’information ?
Le gouvernement actuel n’a-t-il pas intérêt à privilégier cette non transparence et ce manque patent de volonté d’informer ?
Les syndicats doivent ils être des membres de la « France d’en haut » ?
Le rôle des syndicats est de défendre, et donc d’informer et de rassembler.
La responsabilité des syndicats est le rassemblement de ses forces, même s’ils sont nombreux et variés dans leurs revendications et dans leurs manières d’agir.
L’avenir des syndicats Français est dans l’adhésion massive des travailleurs, qu’ils soient cadres, employés, ouvriers, intérimaires ou même encore étrangers ou en situation irrégulière et encouragée par des patrons sans scrupules qui promeuvent le cercle vicieux du travail non déclaré, du travail « au noir », et de l’immigration clandestine.
Le travail, c’est la santé de l’entreprise. C’est sacré. Les travailleurs sont la force de notre économie et rien ne sert de prétendre que l’on peut « travailler plus et gagner plus » quand les conditions de protection des travailleurs ne sont pas réunies, et que surtout l’on encourage directement ou indirectement le travail précaire, le travail clandestin ou encore la compétition malsaine et « divisante » au sein même de l’entreprise. « Travailler plus pour gagner plus » c’est donner le feu vert au « chacun pour sa gueule » et tuer dans l’œuf les embryons d’une solidarité naissante.
J’aurai tellement aimé qu’un président de tous les Français nous dise plutôt : « travailler tous pour gagner tous ».
Blaise Boudet.
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