Rénovation, refondation de la gauche indispensable pour plus de crédibilité.
Tout le monde s'accorde sur le fait que la gauche a besoin de changer pour survivre. Mais au delà de ce constat, il est nécessaire de préciser comment et dans quel but.
Pour que cette rénovation soit effective et durable, il convient qu'elle parte de la base, de l'ensemble des militants et sympathisants de gauche et non des "élites" qu'il faudrait alors suivre. Si l'on reste dans le système clanique qui a prévalu jusqu'à présent à gauche, et qu'illustre encore la préparation du congrès de Reims, la rénovation n'aura pas lieu. Nous ne devons pas suivre, mais agir.
Concrètement, cela signifie deux choses.
1 Que la discussion ait lieu entre toutes les personnes qui se revendiquent comme étant de gauche sans exclusive. Que toute personne, qui en son fort intérieur se sent de gauche, puisse participer au débat. A ce stade, il ne peut y avoir d'autre critère pour être de gauche, que de se sentir soi même de gauche et de se revendiquer de la gauche. Sinon c'est du sectarisme et le début de l'exclusion.
2 Que cette discussion prenne la forme de débats (type débats participatifs) dans lesquels toutes les questions puissent être abordées. Cette motion participative semble aller dans ce sens et c'est pourquoi nous l'approuvons et nous y participons.
Il est donc nécessaire de convier à ces débats tous ceux qui désirent travailler à cette réflexion sur la rénovation-refondation. Il faut commencer par les militants du parti socialiste mais il faudra continuer ensuite, après le congrès, à proposer des débats pour tous. Mais il faut que les débats aboutissent. C'est donc notre rôle aujourd'hui d'organiser une structure qui permette à la réflexion d'avancer.
Il faudra travailler sur différents thèmes :
1 les structure d'un parti de gauche renouvelé.
Comment s'organiser à l'intérieur de la gauche ? Faut-il un ou plusieurs partis ? Faut-il créer un
nouveau parti ou garder les anciens ?
Comment doivent fonctionner ce ou ces partis ?
Plus concrètement : comment mettre en adéquation le fonctionnement du parti et ce que nous
voulons pour la société (transparence, démocratie, parité, non cumul des mandats...)
2 La cohérence d'un projet de société. Qu'est ce qui doit être prioritaire ?
3 L'application de la loi
Comment faire pour que les lois soient appliquées.
4 Le travail des élus (le statut de l'élu - comment faire pour que les élus travaillent et tiennent leurs promesses ?)
Ce n'est qu'après avoir réfléchi sur ces questions que l'on pourra décliner un projet de société dans les différents domaines.(environnement, éducation, santé, fiscalité...).
En effet,
Si la gauche ne peut pas se structurer elle même, comment peut-elle être crédible quand elle dit qu'elle va organiser la société ?
Si nous ne définissons pas ce qui est prioritaire pour nous, nous nous heurterons rapidement à des contradictions.
Si nous promulguons des lois sensées réformer la société et qu'elles ne sont pas appliquées, c'est du travail inutile.
Si nous avons des élus qui ne font pas le travail pour lequel ils ont été élus rien n' avancera.
Notre responsabilité est donc d'organiser des débats sur ces thèmes. A nous de veiller à ce qu'un maximum de personnes soient informées, puissent participer et s'exprimer.
Ensuite, il faut que cette réflexion aboutisse. Encore une fois, la synthèse ne doit pas venir d'en haut, mais il faut faire redescendre vers la base les réflexions sous forme de questions.
Concrètement, chaque personne qui aura participé au débat recevrait un questionnaire le plus complet possible, sur toutes les questions débattues. Les réponses qui découleraient de ce questionnaire seraient alors l'expression d'une majorité à gauche et deviendraient naturellement un projet cohérent, issu du peuple de gauche et porté par lui.
Ce projet demande un énorme travail, mais c'est le moment de mouiller sa chemise pour prendre notre destin en main.
Il ne faut pas jeter, au contraire, tout ce qui a été entrepris pendant la campagne présidentielle. D'une part nous avons pratiqué une méthode que nous allons continuer à suivre, d'autre part, le pacte présidentiel est une formidable avancée en ce qui concerne la réflexion dans un certain nombre de domaines. Mais nous insistons sur le fait, que ce qui manquait peut-être à ce pacte, c'est de mettre les différentes mesures à l'intérieur d'un ensemble hiérarchisé et structuré.
Pour finir, nous devrons forcément élire des représentants qui porteront ce projet. Ces représentants,nous en sommes sûr, ne seront pas ceux d'hier qui demandaient une confiance aveugle, mais bien ceux qui se seront le plus investis dans son élaboration. Nous ne devons plus faire confiance à ceux qui disent : "votez et je ferais le reste" mais nous devons avoir comme représentants ceux qui auront montré par leur exemple et leur travail la preuve de leurs convictions.
La différence entre les discours n'est pas forcément toujours due à la mauvaise volonté des politiques. Ceux ci peuvent se heurter à des contingences matérielles ou humaines (bureaucraties, lourdeurs administratives...). Il faut donc veiller au préalable à ce que la "machine d'état" fonctionne bien d'où la nécessité d'une réforme des institutions et de l'état. En particulier le problème de l'empilement des structures.
D'autre part certaines idées, légitimes à nos yeux peuvent être mal perçues par l'opinion au moment de leur application. D'où l'importance d'une explication préalable des conséquences des mesures qu'on souhaite prendre.
Il faut voir le problème entre utopie à réaliser et la façon de la réaliser. Dans l'opposition on se réfère à l'utopie en négligeant les étapes. Souvent on a des bonnes idées mais on ne réfléchit pas à comment appliquer ces idées. Au niveau des militants, les gens ne sont pas tous des experts et même s'ils voient que quelque chose ne va pas, ils ne peuvent trouver de solutions. Ce que devraient faire les cadres du parti, c'est s'emparer de ces problèmes pour leur trouver des solutions concrètes et abouties et ensuite les proposer aux militants qui les valideraient et donc se les approprieraient. (cela éviterait des cafouillages comme celui du SMIC à 1500 €). Il est étonnant de voir qu'on ne sait pas ce que propose le parti sur des sujets aussi importants que l'éducation ou la protection sociale par exemple, sauf une opposition aux mesures gouvernementales. Si on est tout le temps dans le rejet, que fait-on au pouvoir ? Il faut construire avant de prendre le pouvoir.
Une société idéale n'existe pas parce qu' une société n'est pas statique mais dynamique. L'idéal d'aujourd'hui n'est pas forcément celui de demain. Il est nécessaire d'établir un dialogue permanent entre ceux qui prennent les décisions et la population. Si les citoyens comprennent ce que font les élus, le fossé entre les discours d'opposant et de responsable sera sûrement moindre.
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