un regard sur la société, sur l'autre
"Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente" écrivait Saint Exupéry in Lettre à un otage. Il apparaît clairement au vu de la victoire de Sarkozy - témoignage, à mon sens, des peurs et des replis sur soi, mais aussi d'une propension à un individualisme outrancier quand il n'est pas exacerbé - que cette noble réflexion ne trouve plus guère d'écho dans la société française de ce début de siècle. Il appartient, me paraît-il, au parti socialiste de réactualiser cette pensée et de proposer une vision de la société, de la France, qui rappelle combien nous ne pouvons - parce que nous l'avons trop fait - réduire la notion de société à une simple addition d'individualités. Aujourd'hui, le bonheur ne s'inscrit plus dans le "vivre ensemble" mais dans la consommation, avatar d'une exacerbation de l'individualisme. Le "je" n'existe plus dans son rapport à l'autre mais dans la possession. Je possède donc j'existe! Pourquoi en sommes nous réduits à ce mauvais adage? Pourquoi, alors que la rencontre et l'échange avec l'autre devraient rimer avec enrichissement, nous replions-nous sur nous mêmes? De quoi avons-nous peur?
Avant que d'apporter des réponses concrètes, il me semble que nous devons en tant que socialistes réfléchir à ces questions afin de proposer une vision, un idéal, voire une utopie pour la société. Les objectifs à atteindre seront alors fixés.
Sarkozy a gagné en exacerbant les rivalités, en désignant les coupables, en dressant des individus les uns contre les autres. Nous devons nous opposer à ces pratiques et à ce qu'elles révèlent de sa pensée politique, celle du célébrissime "bouc émissaire", doublé du non moins célébrissime "ce n'est pas ma faute!" Nous devons nous y opposer non pas pour faire acte d'opposition mais pour rappeler sans cesse qu'il ne s'agit pas là notre vision de la société, que nos valeurs sont autres. La sommes des bonheurs individuels n'a jamais garanti, loin s'en faut, le bonheur social! En revanche la concorde sociale apparaît comme le terreau indispensable au bonheur individuel! "Je suis les liens que je tisse avec les autres" affirmait A. Jacquard dans Petite philosophie à l'usage des non philosophes. Notre projet social et politique ne doit donc pas nous confiner dans une célébration de la claustrophilie, celle là même que dénonçait Dominique Frischer voilà plus de vingt ans. Nous ne nous en sortirons pas individuellement ainsi que voudrait nous le faire croire le pouvoir en place! Seulement, cette idée de la nécessité du collectif se révèle difficile à faire entendre, y compris au sein du ps... Il convient donc de faire oeuvre de pédagogie, voire de vulgarisation! Certains pontes ne semblent guère vouloir de ce collectif lorsqu'ils dénigrent toute démarche participative, lorqu'ils remettent en cause les choix pourtant clairs des militants de base...
Franck
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