Pour une meilleure espérance de vie
La contribution qui suit émane de plusieurs militantes du Pacte Rénovateur et DA 15ème. Elle date de novembre 2007. Elle a fait partie de nombreuses contributions au FORUM N°3 DE LA RENOVATION « SOCIALISME et INDIVIDU ». Une partie du texte, consacrée à la valorisation sociale de l’individu sénior a été reprise dans l’Hebdo daté de décembre 2007. Nous ne savons pas à quelle question, quelle valeur, quel objectif, ni quelle source d’inquiétude de la consultation participative accrocher cette contribution. Mais nous pensons que ce sujet est très important et qu’il serait dommage qu’il ne soit pas abordé dans la contribution finale.
POUR UNE MEILLEURE ESPERANCE DE VIE
Constatant un vote massif des électeurs âgés de 65 ans et plus pour Nicolas Sarkozy lors de dernière élection présidentielle nous avons voulu réfléchir aux causes de ce résultat. Nous avons eu la chance de prendre connaissance des travaux faits par le Comité Economique, Social et Culturel (CESC) consignés fin 2005 dans le document « Un autre regard sur le vieillissement ». Cela nous a conduit à réfléchir sur le vieillissement et à désirer contribuer au Forum n°3 de la rénovation « le socialisme et l’individu » en apportant une contribution sur l’individu et son parcours de vie. L’allongement considérable de la vie, donc de la retraite, oblige à penser autrement. C’est le sens de cette contribution.
Grâce aux progrès de la médecine et à l’amélioration des conditions de vie, l’individu vit plus longtemps, en meilleure santé et souvent avec dynamisme et en toute possession de ses moyens. Nous devons nous en réjouir.
Cependant, une tranche de plus en plus importante de la population est exclue de l’activité économique du pays, marginalisée, stigmatisée, uniquement vécue comme une charge pour la société alors que le potentiel qu’elle peut offrir est peu exploité et peu valorisé.
Par ailleurs, l’organisation ternaire des temps de vie de notre société toujours basée sur l’idée du plein emploi et retraite courte (scolarisation-formation, vie professionnelle, retraite) ne favorise pas du tout la mixité sociale, intergénérationnelle, culturelle. Bien au contraire, elle est source de catégories qui vivent les unes à côté des autres (et pas avec les autres) générant l’incompréhension, la méfiance et souvent l´hostilité.
Cela conduit le plus souvent, pour les plus âgés, à un isolement, un repli sur soi, un sentiment de peur, qui explique en grande partie le vote à droite.
D’autre part, cette population grandissante est soucieuse de vieillir autant que possible en toute autonomie, de jouer tout son rôle dans la vie de la cité en étant traitée avec dignité.
I - Le parcours professionnel :
L’allongement de la durée de vie et l’état de nos comptes sociaux font que l’Etat envisage l’allongement de l’âge de départ en retraite.
Or nous constatons qu’il est de plus en plus difficile de vieillir dans l’entreprise :
- en France, 37 % des personnes en âge de partir à la retraite, sont en activité professionnelle (plans sociaux, plans de préretraite, chômage …)
- l’ancienneté est considérée plus comme une charge pour l’entreprise que comme un avantage : seuls les impératifs de productivité à moindre coût sont mis en avant sans tenir compte de l’expérience professionnelle, les qualités d’écoute, une certaine sagesse.
- à partir d’un certain âge, l’entreprise n’offre plus aucune perspective, motivation, considération, décourageant même les employés qui le désirent de rester en activité
Nous considérons également comme une aberration la rupture que constitue le passage brutal de l’activité professionnelle (le plus souvent stressante) à la mise en retraite. Nous avons pu constater combien cette situation peut être source d’angoisses, de frustrations, de dépressions.
Elle est à relier à la demande de sécurisation des parcours professionnels.
Idées
Les entreprises devront être fortement incitées par des mécanismes d’évaluation et des mesures fiscales :
- à revaloriser la place de l’expérience et de la mémoire d’entreprise dans les parcours professionnels
- à proposer des fonctions mieux adaptées aux salariés les plus anciens (parrainer, former, intégrer, transmettre …).
- à favoriser des organisations plus souples des temps de travail permettant des cessations progressives d’activité
- à préparer l’employé au départ en retraite par des entretiens avec des structures telles que les structures de reclassement et par des formations prises en charge dans le cadre de la formation permanente.
Nous estimons que l’individu ne se réduit pas à sa seule activité professionnelle.
Qu’en tant que citoyen, il occupe ou peut occuper un rôle dans la société tout à fait utile et nécessaire à la communauté et que ce rôle doit être valorisé et reconnu
Ce rôle devrait pouvoir être pratiqué tout au long de la vie, et pas uniquement lorsque cesse la vie professionnelle.
II – La valeur sociale de l’individu
La réussite d’une vie ne se mesure pas uniquement à la constitution d’un patrimoine personnel, mais aussi et surtout à l’épanouissement de l’individu lui-même et à la qualité des liens qu’il aura tissé avec son entourage.
Il est donc essentiel de valoriser, promouvoir, faciliter, reconnaître la fonction sociale de l’individu dans notre société, tout au long de la vie, au bénéfice de l’individu et de la collectivité.
Ceci devrait permettre en outre de lutter contre l’isolement, source de peurs, d’individualismes et de repli sur soi ….contre la délinquance, l’échec scolaire, etc.
Cela devrait également faciliter la mixité et favoriser la solidarité intergénérationnelle.
Idées
Pour cela, il faudrait :
- dès le plus jeune âge, dans le cadre scolaire ou autre, sensibiliser l’enfant à l’exercice de la solidarité et promouvoir l’engagement civique au même titre que la réussite scolaire.
- favoriser toutes les initiatives permettant de rapprocher les individus selon les besoins des uns et les compétences des autres. Exemple : accompagnement, soutien scolaire, assistance handicap, parrainage.
- dans les quartiers, créer des espaces et des structures où la population, toute génération confondue pourrait se rencontrer et développer des activités communes (associatives, entraide, récréatives …).
- promouvoir une démarche participative dans ces lieux de débat et de rencontre de façon à toujours être à l’écoute des besoins et des propositions de la population
- tout au long de la vie permettre la formation individuelle non seulement au bénéfice de l’activité professionnelle mais également dans le cadre du développement de compétences personnelles au bénéfice de l’individu et de la collectivité
- à l’instar de la sécurisation des parcours professionnels il faudrait sécuriser les parcours de vie et aider l’individu à se prendre en charge dans la mesure de ses moyens non seulement financiers mais en fonction de sa capacité d’action d’utilité sociale.
- organiser les temps de vie de manière plus souple de façon à pouvoir concilier tout au long de la vie activités de formation, activité professionnelle et activités sociales. (La philosophie initiale des 35 heures pourra alors être revisitée).
- reconnaître cet engagement du militant citoyen dans des actions de solidarité. Par exemple, comme le recommande le CESC, par un contrat social du bénévolat permettant de cumuler des points conférant des droits à bénéficier, dans le futur, auprès des collectivités locales de prestations en espèces ou en nature en cas de problème tel que la survenue d’un handicap au grand âge. Mais peut être aussi par des prestations du type complémentaire santé, aide au logement ou même par des mesures fiscales, etc …
Remarque : cette idée du « bénévolat » dans le contrat social est exemplaire de la nécessaire mise en débat public.
- reconnaître cette activité sociale bénévole et utile à tous dans l’indicateur de croissance du PIB
III - Mise en œuvre d’une démarche participative pour enrichir notre réflexion et formuler nos propositions
Plusieurs idées émises dans cette contribution doivent être débattues, validées ou pourquoi pas invalidées. Pour cela on peut :
- organiser dans les sections des débats participatifs : en effet chaque adhérent est touché personnellement pour lui-même et/ou pour son environnement proche par la problématique de bien conduire sa vie jusqu’à la mort en passant parfois par la dépendance.
- enquêter sur la population locale concernée (maisons de retraite, hôpitaux, personnes vivant seules ou en couple…)
- rencontrer des personnes plus âgées en appartement, en maison de retraite si possible, dans le local de la section
- rencontrer les associations concernées, les médecins. Les inviter à nos débats.
- favoriser l’émergence de thèmes tel que celui de l’infantilisation à l’œuvre dans toute la société
- savoir aborder les questions délicates comme celle de la mort
IV - Conclusion
Cette question de l’individu dans la totalité de son parcours de vie devient de plus en plus centrale. C’est bien de développement du capital humain qu’il s’agit dans tous les sens du terme. En cette période de marchandisation des services à la personne et de la mort il est urgent que le PS approfondisse sa réflexion et apporte un autre regard sur le processus de vieillissement ou mieux sur le parcours de vie. Qu’il puisse construire avec la population, en utilisant l’outil de la démocratie participative, une société capable de donner à chacun toute sa place dans une société diverse, apaisée et ceci tout au long du processus de vieillissement.
Notre rôle n’est pas seulement d’être à l’écoute mais de construire ensemble une société durable dans laquelle les relations sociales aussi bien sur les lieux de travail que sur tous les lieux de vie sont aussi efficaces économiquement. A partir de propositions construites avec la population une vision de gauche se dessinera et sera de fait connue et valorisée
PACTE RENOVATEUR et DA 15ème
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