Pour l'affrontement idéologique

Pas de succès dans les urnes sans hégémonie culturelle.

Pour comprendre le présent et préparer l’avenir, il faut tirer les leçons du passé…
Constat : en un siècle la Gauche a gagné seulement 5 fois l’élection majeure. Dans le même temps, elle n’a assumé la responsabilité du pouvoir que pendant 20 ans à peine. Néanmoins, culturellement depuis le Conseil National de la Résistance, les idées et les valeurs de gauche étaient majoritaires en France. Ce sont les mutations technologiques et industrielles, la montée du chômage de masse, la mondialisation, l’écroulement du bloc communiste et les difficultés de l’état providence qui ont mis à mal l’hégémonie culturelle de gauche.
Les causes des dernières défaites électorales et particulièrement celle de S.Royal sont multiples. Le projet socialiste ne répond pas aux attentes des électeurs, particulièrement aux personnes âgées qui demandent toujours plus de sécurité. Le combat fratricide entre les partisans du NON et du OUI au traité européen en 2005 fit perdre beaucoup de crédibilité à la Gauche. Le candidat de droite se prépare depuis des années, il a un grand parti uni qui le suit aveuglement. Ségolène Royal, désignée tardivement n’a pas le soutien unanime de la gauche. Pourtant les raisons de la défaite de la gauche sont beaucoup plus profondes. La réalité est là, pour gagner dans les urnes, il faut être dominant idéologiquement. La droite l’est : Sarkosy a gagné !!!.. Son succès marque bien la victoire du « JE » (l’individu) au dépend du « NOUS » (le collectif). Nous sommes tous d’accord sur un point : il faut refonder la gauche et le socialisme, reprendre l’offensive sur le plan des idées.. Je livre ici les réflexions d’un vieux militant (30 ans au PS).
Le parti socialiste doit être plus qu’un outil au service de la conquête du pouvoir, il doit être lieu de débats, de réflexions, de propositions. Il doit d’avantage encore informer et former ses militants.
Comme il n’y a pas de succès électoral sans hégémonie culturelle, le parti socialiste, ses militants et l’ensemble de la gauche, aidée par les experts, les intellectuels, les clubs, doivent mener la bataille idéologique. Mais comment ? exemples: - Nicolas Sarkosy a bâti sa victoire sur la conquête des électeurs d’extrême droite, il n’a pas hésité dans ses discours à opposer les bons immigrés comme lui qui aiment la France et ceux qui la rejettent mais en profitent. Il s’est servi du sentiment xénophobe et surtout du thème de l’identité nationale (lire A quoi sert « l’identité nationale » de Gérard Noiriel.)
Face à l’identité nationale xénophobe la gauche devrait mettre en avant sa vision d’une France métissée, généreuse, humaniste, internationaliste. Il faut affirmer avec force que ceux qui quittent leurs pays natals sont des victimes et qu’ils ont toujours beaucoup de courage. Il faut insister et démontrer que l’immigration est une chance pour tous les pays d’accueils et que nous sommes tous, d’abord, des citoyens du Monde.
- Le modèle social et culturel français est basé sur la solidarité et l’humanisme. Sarkosy, grand admirateur des conservateurs et du rêve américain, veut revenir sur cette tradition. A travers son slogan « travailler plus pour gagner plus », c’est sa vision du bonheur à la hauteur du compte en banque et du culte de l’argent roi qu’il veut nous faire adopter.
L’idéal de la gauche sur la valeur « travail », c’est d’abord du travail pour tous correctement rémunéré, l’épanouissement de l’Homme dans ce travail et la qualité de la vie
- Certains mots ont un sens émotionnel très fort : quotas, fichiers ethniques, chiffres (d’expulsions) ont déjà été employés aussi contre des étrangers à un moment où la France n’était plus républicaine. La politique de Sarkosy sur la maîtrise de l’immigration est une honte pour la République, « il fait revivre l’axe droite/gauche qui oppose désormais le pôle social-humanitaire et le pôle national-sécuritaire » (voir Immigration, antisémitisme et racisme en France XIX et XX siècle de Gérard Noiriel p 672 septembre 2007).
Comment peut-on parler de quotas lorsqu’il s’agit d’êtres humains ? Comment peut-on évoquer une politique de résultat -faire du chiffre - lorsqu’il s’agit d’expulsions d’être humains ? Nous avons connu dans un passé tragique un autre régime qui réclamait aussi du chiffre, il s’agissait alors de déporter des femmes, des hommes, des enfants vers les chambres à gaz des camps d’exterminations nazis.
La terreur qu’inspire la police a déjà provoqué plusieurs morts. Les périodes de notre histoire où la police républicaine pourchassait aussi les étrangers, restent marquées par l’opprobre et la honte.
Sarkosy et la droite ont une vision de la société de la loi du plus fort, ceux qui gagnent. Une société où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus exclus, c’est cela le chacun pour soi.
L’idéal, le rêve, l’action, la vision de gauche de la société, c’est au moins d’assurer à chaque hêtre humain le minimum de ses besoins : un toit, un travail, se nourrir et s’éduquer.
Voilà déjà quelques thèmes d’affrontement idéologiques, ce sont ceux qui me touchent le plus ; à vous d’en proposé d’autres.
Henri Goldszer

4
Moyenne: 4 (1 vote)