Pour faire naître un patriotisme européen
Le rêve de Victor Hugo, de Monnet, d’Adenauer, de Schuman est réalisé: la Paix règne en Europe, il n’y a plus de frontières entre 27 nations. Un marché unique, une monnaie commune, un parlement et des règles, des principes et des valeurs partagées, l’Europe institutionnelle existe bel et bien, mais la majorité de ses citoyens n’y adhère pas encore au grand complet.
Plusieurs raisons motivent ce scepticisme et ce rejet :
- d’abord, l’Europe est ressentie comme une menace et non comme protectrice.
- ensuite les directives européennes passent pour des contraintes attentatoires aux libertés, alors qu’elles sont décidées en vue de l’intérêt général par les représentants des Etats membres.
- puis, incapable de contenter les citoyens, les gouvernements accusent l’Europe et s’en servent comme bouc émissaire.
- enfin, partout, on voit la droite, qui pour gagner des élections, n’hésite pas à s’allier avec l’extrême droite, ou comme Sarkosy, à se servir du thème de l’identité nationale.
En résumé, rien n’est fait pour positiver l’Europe.
Pourtant, face aux défis de l’avenir que sont la toute puissance des multinationales de la Chine, de l’Inde, du Brésil, face aux problèmes alimentaires et énergétiques, l’Europe doit mettre en place une structure économique capable de réguler la toute puissance des marchés.
Plus grave encore, la paix dans le monde entre les Etats est fragile, le choc des ambitions régionales peut dégénérer en quelques heures en conflits armés majeurs(lire: Une brève histoire de l’avenir, de Jacques Attali) .
Il faut donc absolument aller vers une Europe Politique forte, unie et fédérale. Si on ne le fait pas, l’Europe sera en danger, elle ira vers un déclin inéluctable et nous verrons ses peuples s’appauvrir et à nouveau s’entretuer.
S’unir est difficile, il faut passer par-dessus ses propres craintes de l’inconnu, et l’amour de sa petite routine. Ce sont les citoyens qui doivent pousser les gouvernants dans la bonne direction. Pour cela il faut du courage et une grande volonté politique, il faut accepter les compromis, remettre en cause les sacro-saintes souverainetés nationales, et faire naître chez les Européens la fierté d’être ce que nous sommes, et le sentiment d’appartenance à l’Europe, avec une histoire et un avenir commun.
L’avenir de l’Europe se sont ses enfants, sa jeunesse, et l’apport des immigrants.
Il faut dans toute l’UE, dès les petites classes et jusqu'à la fin des études, enseigner l’histoire des nations, l’histoire de l’Europe, ses valeurs, ses principes, ses cultures, ses grands écrivains, ses philosophes, ses poètes ; il faut augmenter les visites, les échanges, les jumelages entre les établissements scolaires, et les communes et les régions, en surmontant la barrière des langues.
Dans les médias, une place importante doit être gardée pour des infos européennes.
Pour élire les parlementaires européens, le choix démocratique doit se faire entre des partis européens sur la base de leurs programmes. Les socialistes, par exemple, voteraient pour des candidats du Parti socialiste européen.
Les tremblements de terre, les typhons, les cyclones vont se répéter encore plus dans le monde.
Il faut aussi créer un grand corps d’intervention humanitaire européen afin de secourir les populations victimes de catastrophes naturelles.
L’esprit chauvin et identitaire s’exprime dans les compétitions sportives. Pour les championnats du monde ou les jeux olympiques il faut avoir le courage et la volonté de proposer et de créer des équipes uniquement européennes dans toutes les disciplines sportives, comme les U.S.A.
Développer des campagnes d’informations sur l’Europe par la preuve, expliquer comment l’Europe protège ses citoyens, même si elle doit faire encore plus, et combien, malgré ses manques et ses imperfections, il fait bon vivre en Europe par rapport au reste du monde, adopter le 9 mai comme fête de l’Europe, chômée et payée dans les 27 états.
Et puis, encore bien d’autres initiatives. Ainsi le rêve de Victor Hugo, les Etats Unis d’Europe, se réalisera.
Henri Goldszer
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europe humaine
bonjour henri,
A mon sens, pour faire un patiotisme européen, il faut d'abord lutter l'ethnocentrisme ambiant (l'esprit chauvin comme tu l'as bien souligné) > hors nous batissons aujourd'hui une europe sur les besoins du commerce intra- communautaire et non "culturels", sociaux- affectifs.
la vraie question est : avons nous envie de nous rassembler autour d'une démocratie européenne alors meme que nous peinons à la faire respecter dans chacun de nos pays ?
Voulons nous d'une autre yougoslavie ? d'affrontements sanglants entre ascetistes polonais et laiques français, entre libéralistes anglais et démocrates outre- manche...
c'est pourquoi je pense que nous ne sommes pas encore matures pour cette aventure, qu'il nous faut d'abord vouloir devenir européen avant de de vouloir d'en etre fier, patriotes.
alex.
Malgré les difficultés,faire de l'utopie une réalité
Alex
Je te remercie pour ton commentaire, pour te répondre, je vais te parler un peu du passé..
Comme tu le sais, les Européens se sont entretués pendant des siècles. après la seconde guerre mondiale, la misère était grande en Europe, il fallait tout reconstruire. Le ressentiment, la méfiance, la haine contre l’Allemagne étaient très fortes. Pourtant il y a eu des hommes politiques qui ont eu la volonté, le courage de surmonter l’opinion publique.
Le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) signé le 18 avril 1951 à Paris : les 6 pays fondateurs (France, République fédérale d'Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Italie) a été le premier pas vers l’UE.
Tu as raison nous ne sommes pas encore prêt, nous n’avons pas le sentiment d’appartenance à une communauté européenne. On a oublié ce qu’est la guerre en Europe d’autan plus que dans les années 50 l’union répondait à un danger bien identifié : la menace soviétique. Aujourd’hui, il n’y a pas d’état qui nous menace mais sans parfois le savoir, nous sommes au cœur d’un conflit qui fait des millions de victimes, il est nié, invisible, masqué, sournois. C’est la guerre économique mondiale pour la rentabilité la plus forte du capital.
Face à cette situation, il nous faudrait des hommes de la trempe de J.Monnet et schuman avec cette volonté politique qui a abouti au traité sur la CECA.
Un jour, un président de la ligue des droits de l’homme m’a dit : qu’on me donne les moyens financiers et je fais évoluer l’opinion sur le droit de vote des étrangers et le racisme.
Je te le dis, en politique il n’y que deux choses qui comptent, la volonté d’aboutir et les moyens que l’on a pour y parvenir.
Une dernière chose, pour moi, être de gauche, c’est toujours avoir confiance en l’avenir et malgré les difficultés, agir pour que l’utopie devienne réalité.
Amicalement
Henri