POUR DES PRIMAIRES A GAUCHE ELARGIES AUX NON-ADHERENTS DU PS

POUR DES PRIMAIRES A GAUCHE ELARGIES AUX NON-ADHERENTS DU PS

Le 29 mai prochain les nouveaux statuts du PS seront définis à l'issue d'un vote du National. Il s'agit principalement d'adopter le rythme des congrès du PS au quinquennat et de redéfinir le mode de désignation du candidat (cela dit sans préjuger de son sexe). Or, autant le premier point ne fait pas difficulté, autant le second point fait problème. Ne nous y trompons pas : si la réforme proposée est votée en l'état, ce geste sera lourd de conséquences. Nous craignons qu'il ne se traduise par une autre défaite de la gauche.

Apparemment, trois réponses seulement peuvent être envisagées : la désignation se fait ou bien avant, ou bien pendant, ou bien après le congrès. On sait que le choix proposé est qu'elle se fasse après, précisément au plus tard dans les trois mois qui suivent le congrès. Pourquoi un tel délai? Parce que, est-il dit, « nous avons expérimenté la formule après le congrès, nous en avons tous vu les limites ». Le texte paraît se prévaloir d'une unanimité dans l'analyse des limites de cette formule, telle qu'elle a été pratiquée en 2006. Pourtant, sauf illogisme, on ne saurait conclure de cela que nous avons tous vu les limites de la formule pratiquée, à ceci que nous en avons tous vu les mêmes limites. Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est à lire dans ce qui suit : « les adhérents procèdent à la désignation du candidat du PS en vue de l'élection présidentielle ». Car ce sont ces lignes qui expliquent que n'aient été formulées que ces trois propositions. Une autre proposition est pourtant possible. Laquelle?

L'essentiel n'est pas vraiment de savoir combien temps après le congrès se fera la désignation du candidat. L'essentiel est que soient enfin réunies les conditions d'une victoire de la gauche. La première de ces conditions est que le candidat investi par le PS s'inscrive dans une dynamique telle qu'il soit porté en tête à l'issue du premier tour. Or il n'y a pas mille façons de susciter une telle dynamique autour du nom du candidat socialiste. Il n'y en a qu'une : confier à tous ceux des électeurs qui déclareront en 2011 voter à gauche en 2012 le choix de la désignation du candidat socialiste qui sera ensuite investi par le PS. Car c'est seulement ainsi qu'il sera possible d'espérer raisonnablement l'emporter au second tour, compte tenu de la prime donnée au mieux placé à l'issue du premier tour. C'est en outre seulement ainsi qu'il sera possible de faire que l'extrême-gauche ne veuille pas très inutilement se compter, c'est-à-dire une fois de plus dénaturer la nature présidentielle de ce scrutin.

Nous demandons donc à ce que le National se prononce également le 29 mai sur la question de l'élargissement de la désignation du candidat socialiste en 2011 à tous les non-adhérents du PS se reconnaissant dans la gauche.

Nous craignons en effet qu'à défaut d'un tel élargissement, le candidat investi par le PS ne représente que le PS, réduit pour ainsi dire aux acquêts, puisque le choix du PS aura été l'expression de la volonté de ses adhérents seulement. Le PS, combien d'adhérents? Mais la gauche, combien d'électeurs? Qui plus est, le PS, combien de courants? Non que les courants soient inutiles au PS, bien au contraire! Mais qu'est-ce qui nous assure que la formule du PS, si elle était retenue, ne connaisse pas en 2011-2012 les mêmes limites que celles qu'a connues en 2006-2007 la formule pratiquée en 2006? Il serait en effet naïf de penser que le soutien qui a fait défaut au sein du PS à Ségolène Royal ne fasse pas défaut à son tour au candidat désigné par les seuls adhérents du PS. Or il n'y a qu'un moyen de mettre le « narcissisme des petites différences » (Freud) entre parenthèses en 2011-2012 : élargir le mode de désignation du candidat socialiste de telle façon que sa représentativité soit incontestable.

Après ses défaites de 1995, 2002 et 2007, la gauche doit impérativement vaincre en 2012. Osons donc nous adresser à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche sans pour autant se reconnaître dans le PS tel qu'il est, encore moins dans tel ou tel de ses courants! Consultons tous ceux qui ne voudront pas en 2011 de quinze ans de présidence et de gouvernement de droite, et créons ainsi les conditions - au moins nécessaires - d'une victoire!

5
Moyenne: 5 (2 votes)

peut-être bien que oui ! peut-être bien que non !

vous n'êtes pas le premier à faire cette proposition mais il y a quelques chose qui me pose question ! comment être sûr que ceux qui se réclameraient de la gauche et pourrraient élire un candidat potentiel ne sont pas des opposants manipulateurs (il est déjà difficile à ce jour de "drainer" les différents courants vers la même rivière, alors s'y vous y ajoutez moult ruisseaux, je crains un inondation)
avant d'élargir le vote aux "non adhérents "il me semble qu'il faut quand même réfléchir sérieusement à ces dérives et cadrer sérieusement le projet s'il y en a un. Pour ma part et pour l'instant j'y vois plus d'inconvénients que d'avantages mais je peux évoluer.

cordialement
seniorjo

Primaire à gauche ou parti unique de toute la gauche?

Effectivement, pour gagner le candidat de la gauche doit etre porté par l'ensemble de la gauche mais aussi présenter un programme dans le quel se reconnaisse toute les sympathisants de gauche.

Alors Organiser des primaires comme celà s'est fait en Italie est-il suffisant?

Certe en 2007 Ségolène Royal a été désignée par le seul Ps, mais des sondages précis avaient été effectués pendant des mois avant la désignation qui indiquaient invariablement qu'elle était la seule à pouvoir battre le candidat de la droite.
Il y a fort à parier que si une primaire avait été organisée, elle aurait obtenu un score supérieur à celui qu'elle a obtenu lors du scrutin interne du 16 Novembre 2006, seul Bernard Kouchner l'aurait peut etre devancé si il avait décidé de concourir.
Pourtant elle a perdu au deuxième tour face à Nicolas Sarkozy, son échec n'est pas imputable à une division de la gauche qui aurait eu lieu quand meme.
Rappelons nous ce qui s'est passé pour le référendum ou les militants socialistes ont voté OUI au majorité pour décider le contraire lors de la véritable élection, c'est plus que probable, le résultat n'aurait pas été ce qu'il a été, si celà n'avait pas été le cas.

Alors quelle solution?
Peut etre pas dans de simples primaires, mais dans la construction d'un grand parti unique de la gauche avec un nombre d'adhérants massifs organisés en courants divers afin que ceux qui militent dans d'autres organisations que le ps puissent intégrer ce parti.

Celà résoud tous les problèmes à la fois, d'abord ceux des candidatures uniques aux élections, ensuite celà peut permettre une réflexion programmatique large aboutissant à des compromis pour constituer un projet unique de toute la gauche.

Naturellement l'organisation d'un tel parti est à soigner particulièrement pour permettre à la fois une liberté d'expression et de discussion extrèmement large et la cohérence qui permet au parti unique de la gauche de fonctionner

primaires...

Je croix que un seul grand parti de gauche n'est pas une bonne idee... c'est dejà beaucoup des problèmes à organiser un parti assez important comme le PS!! Au meme temps je pense que il faut que le ( ou la) candidat(e) de gauche doit etre choisi par tous les sympatisants parce que, de cette façon, il ( elle) est plus forte. Je croix que un candidat à la presidentielle doit avoir un programme qui outrepasse les confins du parti mais est adressé à tous les françaises. C'est très important pour réussir à gagner!!

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