Le salaire des enseignants

Hier, en regardant mots croisés, j'ai entendu V. Peillon parler du salaire de misère des enseignants.

Est-ce pour embêter l'UMP, une tentative de récupérer le tiers des enseignants qui ont soutenu F. Bayrou, une conviction personnelle non partagée par les autres socialistes ?
Je n'ai pas la réponse. Je constate simplement que durant les années du gouvernement jospin, rien n'a été fait concernant le traitement des enseignants.
Et pire, nous n'avons pas bénéficié de la réduction du temps de travail et n'avons eu aucune compensation financière. Et maintenant :
- les autres salariés peuvent racheter (ou plutôt vendre) leur RTT, ce qui va accroître la paupérisation du corps enseignant;
- on envisage d'obliger les enseignants à être présent pendant 35 heures dans les établissements.

En me renseignant sur l'installation d'un puit canadien, le responsable de la société m'a dit qu'il n'allait pas payer 2 000 € un technicien pour faire du travail de manoeuvre.
Le salaire net d'un enseignant-chercheur débutant (bac+8) est de 1700€. Cherchez l'erreur !!!

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intégrer toutes les données, regarder ailleurs

Le sujet est sûrement sensible, mais il faut aussi savoir regarder ailleurs et ne pas tout amalgamer : les enseignants chercheurs se trouvent plutôt dans le supérieur, or dans l'enseignement il y a aussi le primaire et le secondaire.
La problématique de la recherche est complexe, on peut imaginer d'autres sources de revenus pour les chercheurs , mais je suis d'accord avec vous qu'on ne peut se permettre de voir des bac +8 aussi mal payés dans nos labo. Attention toutefois, et là je citerai simplement Luc Montanier, aux comparaisons avec l'étranger : oui aux USA vous pouvez avoir des crédits pour financer bien votre recherche, mais si vous n'avez pas de résultat, plus rien. Les niveaux de vie ne sont pas les mêmes non plus etc...
Le problème se pose aussi pour des médecins ou chirurgiens bac +10 ou 13, très mal payés eux-aussi

Les salaires que vous évoquez sont de l'ordre de ceux que l'on trouve dans l'industrie ou les services pour des personnes de niveau ingénieur.
Regardons coté secondaire et primaire. Les contraintes sur le travail à faire "en dehors des 35h" que vous évoquez sont celles de nombreux cadres (de niveau de formation supérieure), qui de + en + n'ont plus de limitation horaire, et ont certes des jours de congés temps libres, mais là encore il faut comparer avec les durées de jour de congés scolaires.

Faire le travail "au bureau" ou "au lycée" n'a rien de choquant, sous réserve bien entendu que la logistique soit assurée (un bureau, le lien vers le web etc...) ce qui n'est pas vraiement le cas actuellement.

Je ne dis pas que la situation que vous décrivez est satisfaisante, loin de là, mais il faut éviter de la décrire de manière réductrice et limitée, et avoir conscience de ce qui se passe ailleurs pour pouvoir comparer. Le budget de l'éducation est un des principaux postes budgétaires, et la partie fonctionnement (salaires) très importante.
Attention à des propos qui me semblent fleurer parfois la démagogie : le cas des salaires des enseignants (population trop variée pour être résumée à une seule situation) est loin d'être isolé, gardons-nous de ce qui pourrait paraitre être du nombrilisme exacerbé

C'est vrai, il faut bannir

C'est vrai, il faut bannir le corporatisme qui veut dire aussi individualisme. Tout cela la gauche devrait s'en méfier. Il y a des urgences un peu partout mais avec des priorités. Il ne faut plus que la gauche se batte uniquement pour les fonctionnaires des classes moyennes plutôt hautes(dans certains cas) si on regarde les revenus familiaux. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de bas salaires dans la fonction publique, mais il y en a ailleurs également et l'image que nous devons donner, c'est que nous les défendrons aussi. Un parti ouvert à tous et compréhensible par tous.

Moins payé qu'un BTS

Je viens du secondaire, ma compagne travaille dans le secondaire, je connais donc le milieu. Evidemment, le salaire dans le secondaire est relativement faible et j'ai postulé cet année pour donner des cours de soutien et voici la réponse : 17€ de l'heure (j'ai bac+8 et suis maître de conférences), imposable et sans frais de déplacement !!!

Que des sociétés puissent se permettre d'exploiter des enseignants à ce point (j'ai refusé, mais un grand nombre de professeurs accepte) prouve la détresse financière de certains enseignants.

Faîtes venir un plombier, un dépanneur et comparez !!!
En parlant avec un dirigeant (je l'ai déjà écrit dans un autre post), je me suis entendu dire que j'étais moins payé qu'un technicien supérieur, je cite cette personne "je ne vais pas payer 2000€ un technicien pour faire du travail de manoeuvre".
J'ai un copain docteur qui travaille pour une entreprise spatiale, son salaire n'a rien à voir avec le mien.

Dans un magazine de FO (oui, il n'y a pas que le SNES), il y avait un compte-rendu précisant qu'un agrégé au 7éme échelon avait un meilleur niveau de vie en 1980 qu'un agrégé actuel au 11eme échelon. Nous avons pourtant eu 14 ans de Mittérand et 5 ans de jospin !!!

Le fait de passer professeur certifié à maître de conférences m'a permis d'augmenter mon salaire de 30€ par mois (d'un emploi correspondant à un niveau bac+3, je suis passé à un emploi correspondant à un niveau bac+8).
J'ai effectué de la recherche pendant 6 ans en plus de mon emploi de certifié (ce qui veut dire que les week-end et les vacances étaient studieuses), j'ai même écrit un livre, et je n'ai droit à aucune reconstitution de carrière. Lorsque l'on passe de certifié à agrégé, on récupère une partie de son ancienneté en tant que certifié.

Il faut arrêter de venir pleurer à la télévision (je ne vise pas le PS) sur le départ des (meilleurs ?) chercheurs français pour l'étranger !!!

tout comparer : l'artisan plombier que vous citez paie des charg

dans ce que vous versez au plombier que vous trouvez mieux payé que vous, il y a des charges, vous ne pouvez comparer avec votre salaire net. Le plombier paie son matériel, pas vous etc... Les horaires de travail, les journées de congés, la pénibilité du travail, ne sont pas les mêmes. Il doit s'assurer parce que s'il a un accident... et cela coûte très cher etc...
Je dois reconnaitre que je ne vois pas pourquoi écrire un livre donnerait de l'ancienneté, mais peut-être ai-je mal compris votre raisonnement

pour être tout à fait honnête, je connais des ingénieurs qui ont renoncé à leur carrière pour devenir enseignants, renonçant à des revenus mais aussi à un stress et une pression. Je ne connais pas l'inverse.
Il me semble que plutôt que d'être aigri, si on ne se sent pas reconnu, mal payé etc... on peut essayer de changer. Et si ce n'est pas facile, il faut avoir le courage de se demander pourquoi, et peut-être apprécier ce qu'il y a de bien dans sa situation actuelle. Ailleurs l'herbe parait souvent plus verte...

Deux précisions

Sur le recrutement des enseignants-chercheurs: vous êtes encore en dessous de la réalité. Bac+8, cela correspond au Doctorat, qui est obligatoire pour se porter candidat à un poste de maître de conférences. Mais dans la réalité, un candidat armé du seul Doctorat a peu de chances d'obtenir un poste. Il lui faut dans la plupart des cas être titulaire de l'agrégation (si possible après être passé par l'ENS) et avoir publié plusieurs articles dans des revues spécialisées. On arrive ainsi à des candidatures qui sont plutôt de l'ordre de Bac+10 ou BAC+11.

Sur les 35 heures de présence pour les enseignants des collèges et des lycées: cette idée me semble ne pas prendre en compte la difficulté du métier d'enseignant. Une heure passée devant trente élèves vaut bien trois heures passées à travailler seul à son bureau. Les enseignants ne tiendraient pas si, au lieu de décompresser chez eux, il leur fallait rester dans leur établissement après les cours. Par ailleurs, on ne peut pas imaginer qu'un enseignant ait totalement terminé son travail une fois sorti de son établissement, même après y être resté 35 heures; il lui faudra, par exemple, toujours consulter chez lui des documents auxquels il n'a pas eu accès dans son établissement. Et puis, si une idée intéressante de cours lui vient à son domicile, il ne va pas y renoncer sous prétexte qu'il ne se trouve pas sur son lieu de travail et qu'il a fait ses 35 heures. Il ne me semble donc pas judicieux de vouloir aligner les enseignants sur les membres des autres professions.
C'est vrai, l'idée de permettre aux élèves de rencontrer leurs enseignants hors du cadre des cours n'est peut-être pas à exclure dans la perspective d'un enseignement plus individualisé. Mais il est possible à ce moment-là d'envisager une permanence de quelques heures ou d'une demi-journée par semaine, sans pour autant obliger les enseignants à rester 35 h sur leur lieu de travail, ce qui ne manquerait pas de les amener à en faire beaucoup plus.
Si l'on veut rendre le système éducatif plus performant, il faut surtout réduire les effectifs, pour que les élèves puissent travailler dans le calme, et que l'enseignant, débarrassé des questions de discipline, puisse mettre en place une pédagogie efficace qui prenne en compte les difficultés de tous ses élèves. Il faudrait également renforcer les équipes administratives afin quelles puissent vraiment connaître les élèves, qui ne doivent pas se sentir anonymes au sein de l'établissement;sans oublier d'associer les parents plus étroitement au processus pédagogique...

Et un post-doc

Il y a aussi le problème de certains chefs d'établissements qui veulent être bien vu par la hiérarchie c'est-à-dire que les enseignants ne sont pas soutenus afin que de l'extérieur, tout semble calme !!!!

Pour les rencontres prof-elèves, il y a toujours la possibilité de se voir à la fin du cours. Quand j'étais collégien, on avait des heures d'études surveillées et quand on avait une question, on pouvait en parler aux pions.

Bac+8 c'est le minimum. Pour l'agrégation, c'est vrai dans certaines matières. Le discours des mathématiciens est le suivant : le nombre de poste est tellement faible qu'il faut assurer les arrières et passer l'Agrégation et le CAPES.
Je suis dans un domaine ou il n'y a pas d'agrégation : l'informatique. Cela dit, il est conseillé de faire une année de post-doc, c'est encore mieux à l'étranger.
Etant certifié, je n'ai pas fait de post-doc et il m'a fallu 3 ans pour avoir un poste malgré un dossier rempli de publications et l'écriture d'un livre.

Certaines universités, sur recommandation du CNRS, demandent à ces étudiants de s'exiler un an afin de ne plus être un candidat local.
Les enseignants-chercheurs forment des étudiants et on leur recommande de prendre d'autres personnes d'autres universités !!!

Et le plus dégueulasse : certaines universités veulent que les postulants fassent des séminaires avant les auditions.
Moralité : beaucoup de candidats font 2 tours de France, à leur frais, pour avoir une chance d'être recruté. Et même pire, parfois, pour ne pas être classé !!!

Je vais aller à contre courant des pédagogues : je pense qu'il faut refaire des classes de niveau. Il faut pouvoir aussi adapter le rythme à celui des élèves, le but étant le niveau final atteint.
Pourquoi ne pas faire des cycles 6eme-5eme, 4eme-3eme avec des classes qui feraient chaque cycle en 2 ans et d'autres en 3 ans.

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