être militant au PS

Etre militante a pour moi et pour nous tous un sens profond d'engagement. Cet engagement signifie la volonté de participer à des débats d'idées autour des grands sujets phares du socialisme. Ce qui manque dans beaucoup de sections, c'est la participation de tous, le respect des idées de chacun et leur prise en compte dans la discussion : cela signifie qu'il faut améliorer le concept même des réunions trop souvent diligentées et organisées comme bon semble l'élu local qui cumule le mandat d'élu local (par exemple pour ma section une convocation à une réunion de section pendant les vacances scolaires sachant que + de la moitié des militants serait absente j'estime que cela est irespectueux et contraire aux valeurs qui nous portent au ps)

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Engagement efficace

Votre contribution est simple et claire. Les points que vous relevez sont en effet essentiels:

1° S'engager pour débattre d'idées et faire des projets, même s'ils sont parfois maladroits ou ne peuvent être retenus: trop de sections centrent leur énergie et leur temps sur des stratagèmes de cuisine électorale interne (investiture de candidats, commission de listes, contrôle voire rétention des fichiers d'adhérents en période de vote notamment, organisation des calendriers et répartition des rôles dans les prises de parole, imposition de modérateurs…) et, soit abandonnent totalement le débat d'idées, soit plus couramment (et c'est plus insidieux), le placent au second plan, comme la part la moins noble et la plus rébarbative (réputéet abstraite et superflue) de la vie collective de la section. Du coup personne n'ose plus se lâcher clairement et spontanément, à partir de ce qu'il est et pense "par lui-même", précisément pour exposer sa différence. Mais chacun cherche en vain des mots capables de s'imposer en conformité (bref, perte total d'un discours différencié, par quoi pourtant on progresse beaucoup plus vite). Bref le débat d'idées n' a plus de spontanéité et devient le fantôme des tournures bureaucratiques des cadres et sous cadres du parti.

2° Cela revient à un déni de démocratie dans la mesure où elle a beau être déclarée par principe, dans la réalité quand le militant de base s'exprime, s'il n'a pas derrière lui les "façons" consacrées de la prise de parole, le style consacré de l'intervention, et s'il n'occupe pas la place structurelle que confère le rang, la place, la fonction, personne ne l'écoute ou plutôt ne l'entend. On laisse passer ses propos sans les comprendre ni les retenir, parce qu'il faut que ça "ait l'air" démocratique, mais sur le fond, dans la mesure où ce qu'il dit n'émane pas de telle place reconnue voire respectée et enviée, et ne provoque pas tel effet dans la distribution électorale des postes et dans les rapports de force, l'encadrement des sections dit par avance "cause toujours"…

3° Plus réservé sur le 3eme point pourtant essentiel : le cas que vous rapportez est certainement réel mais me semble-t-il (je puis évidemment me tromper) marginal et caricatural et pas trop difficile à combattre; la plupart du temps c'est plus fin, plus pervers et donc bien pire: on ne convoque pas durant les vacances, mais on balise au préalable en CA l'ordre du jour. A l'occasion, on s'est fait aider par les férations que ça arrangeait et qui ont bien voulu déjà commencer à nettoyer les listings (on parle de 1200 fichiers supprimés dans certaines fédérations de banlieues parisiennes)!

Il me semble donc que le dilemme c'est qu'en interne, le parti tourne à la super démocratie représentative mais aucunement à la participative; ou si l'on veut court sans cesse sous la démocratie déclarée une oligarchie inavouée (soit entre 20 et 40 000 personnes: élus divers, cadres et salariés du parti… qui décident et orientent les 150 000 militants restants): ne sont alors entendus et surtout suivis que ceux qui ont le titre à l'être, les sans titres finissant par se retrouver comme des laissés pour compte.
J'ajouterai pour finir que ce dysfonctionnement de la démocratie en interne semble imiter en tous points celui en externe dans la société civile (où là aussi les sans titres, sans papiers, sans diplômes - combien de bac plus 3, 5, 7 et plus au PS pour combien de personnes n'ayant pas ou que peu fait d'études?!), ce qui permet au PS de présenter une façade moderne et en phase avec son temps, mais qui en profondeur atteste de son incapacité à penser à partir d'un autre point de vue indépendant, notamment en adoptant une perspective vraiment démocratique, où chaque voix vaut au même titre que chaque autre, quelles que soient par ailleurs les dispositions du discours à être par avance conforme.
SelligB

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