Efficacité économique et justice sociale
Contribution des militants de la Section JBC (pacte rénovateur) à la question n° 4 adressée par Ségolène Royal dans le cadre de la préparation du Congrès de Reims. Réunis le 28 Mai 2008.
1/ Le discours du PS sur les entreprises peut et doit continuer à évoluer : en finir avec le manichéisme (les gentils salariés, les bonnes associations, les méchants patrons) ; intégrer davantage les salariés et les entrepreneurs dans la réflexion collective (faire « monter » au PS d’autres cadres que ceux qui sont formatés « haute fonction publique » ) ; ne plus opposer le souci de la justice sociale (emploi, salaires, statuts) à la prise en compte des besoins des entreprises (création, développement, consolidation), mais contribuer à modifier le rapport de force vers un dialogue qualitatif qui instaure une culture de « gagnant-gagnant ».
2/ Transformer une approche de la vie économique traditionnellement dominée par le poids des grands groupes industriels et financiers (CAC 40), prendre en compte de manière plus fine la diversité des entreprises (travailleurs indépendants, petites, petites et moyennes). La création d’emploi repose aujourd’hui pour une part déterminante sur le tissu des entreprises petites et moyennes.
3/ Avoir une approche différenciée de l’exploitation et de l’injustice faite aux salariés : salaires trop bas pour de nombreux salariés ; évolutions de carrière bloquées ; chez les cadres pression à la compétitivité et temps de travail (et de transport) très long ; individualisation des rémunérations et des parcours de réussite, compétition excessive, stress. Autant d’éléments à intégrer dans les débats sur la pénibilité.
3/ Simplifier le contexte administratif, juridique, législatif, qui pèse sur les entreprises et les détourne de leurs missions principales. Leur fournir les aides organisationnelles (gestion et représentation des personnels) nécessaires, mettre fin par une remise à plat d’un grand nombre de textes législatifs « au mille feuille » que constituent les réglementations qui se surajoutent les unes aux autres jusqu’à parfois se contredire.
4/ Avoir une politique de soutien financier et juridique aux entreprises les plus petites (travailleurs indépendants), qui ont des difficultés non seulement pour se créer, mais pour durer au-delà des deux premières années. Développer le micro-crédit en France.
5/ Défendre la durée légale du travail contre les offensives gouvernementales et patronales. Si le bilan des 35 heures est contrasté, il est décisif : de pouvoir compter son temps et disposer collectivement de limites précises ; de rester en cohérence avec des aspirations contemporaines à un meilleur partage temps de travail / temps de loisir ; de déplacer le débat sur la durée du travail vers la question de la durée à l’échelle de toute la vie : entrée trop tardive pour les jeunes, sortie trop précoce pour les plus âgés.
6/ Élaborer sur la question du mérite et de l’intéressement une position propre au PS : prise en compte spécifique des bas salaires ; dispositifs permettant de lutter contre un individualisme excessif : importance de la responsabilisation des équipes et des dispositifs collectifs de partage des profits au niveau de l’entreprise toute entière. Trouver les incitations fiscales et/ou réglementaires pour assurer une juste répartition capital-entreprise (assurance de la pérennité et du développement) / salariés.
7/ Ne pas se faire doubler par la droite dans le travail de réforme et de modernisation de la contractualité du travail (entre les 20 jours d’essai et les 2 ans de l’ex-cpe, trouver une mesure plus équilibrée pour les deux parties). Faire des contre-propositions précises et les soumettre au débat public.
8/ Rééquilibrer les bases de calcul de la protection sociale, aujourd’hui principalement adossée au travail, et le pénalisant.
9/ Approfondir les recherches et les expériences sur la « flex-sécurité » pour lutter contre la précarisation des statuts et des conditions de vie.
10/ Relancer l’enseignement professionnel avec décloisonnement, rythmes adaptés, consolidation des enseignements de culture générale susceptibles de favoriser la mobilité et la formation continuée. Se garder aussi bien d’une déconnexion de l’école et de l’entreprise que d’une professionnalisation trop étroite dans un contexte d’ouverture mondiale.
Les militants « pacte rénovateur » de la Section JBC – Paris XVIIIe.
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