"droits et devoirs"

La dette de droits

Voilà déjà de trop nombreux mois que l’expression « droits et devoirs » est au menu tous ceux qui font un peu de cuisine politique, ce n’est pas de la nouvelle cuisine c’est de la cuisine bourgeoise !

Quels torts entend-t-on redresser en rappelant aux devoirs ceux qui profitent des avantages de la république, sans nous dit-on vouloir honorer leur responsabilité citoyenne.

De quoi s’agit-il
De tous ceux qui profitent des revenus d’assistance et qui refuseraient du travail ,
De ceux encore jeunes qui bénéficient des bien faits de l’école et crachent aux visages de leurs professeurs,
De tous ceux qui enfin ne font pas dévotion à la valeur travail, travail,qui d’ailleurs ne leur sera jamais offert.

Qui s’est pencher sur son berceau pour lui dire que la République lui offrait un fabuleux contrat et qu’elle attendait par un rôt qu’il contre signe la proposition bienveillante, alors qu’il n’avait même pas demandé à naître ?

Qu’en est-il de ce contrat ?
Selon que vous naissiez de parents puissant ou misérables les clauses en sont les mêmes !
A qui voulez vous faire croire cela ?
Jadis on promettait le royaume des cieux aux pauvres comme compensation en quelque sorte.
Aujourd’hui après de nombreuses luttes qui on arrêter le droit dans l’état du rapport des forces du moment ; on vient leur rappeler, jusqu’aux sein des partis et des syndicats qui ont œuvré pour arracher aux puissants un peu de partage, on vient leur rappeler qu’ils ont des devoirs ! au moment même où ces fameux droits acquis par d’autres ne seraient plus transmissibles contrairement aux droits patrimoniaux?

Bien sûr qu’il y a des devoirs pour tout le monde et y compris pour les plus défavorisés, mais leur faire à eux le coup du contrat, c’est les renvoyer à la solitude du gardien de but au moment du pénalty.
En effet bien que nous ne l’aillons pas voulu nous naissons tous dans un groupe, d’abord familial (et encore certains n’ont même pas droit à ça en arrivant) puis au gré de la fortune d’autres groupes nous portent : l’école, l’église, le syndicat, la prison, l’usine, le bureau … tous ces groupes ont leurs règles leur mode de fonctionnement donc leurs droits et leurs devoirs.
Avoir à faire un rappel aux devoirs c’est l’aveu pour la collectivité d’un échec, celui de ne plus maîtriser les appareils de socialisation : elle ne les contrôle plus quand ils existent encore, et quand ils existent ils sont souvent des machines à produire des avantages à ceux qui les dirigent.

Quand les luttes engendraient du droit, quand les appareils qui organisaient ces luttes fonctionnaient dans l’esprit du mouvement ouvrier, c’est la solidarité du groupe qui forgeait la réciprocité quant elle était possible et la générosité quant elle ne l’était pas, c’est le groupe, sa cohésion qui disait le droit et donc aussi les devoirs, si contrat il y avait, il était tacite.
Bien sûr qu’il nous faut un état de droit, cela ne veut pas dire qu’il nous faille un peuple de juristes…
Aux droits et devoirs préférons la réciprocité de la solidarité, s’il faut réapprendre la solidarité aux jeunes, ce n’est pas par le rappel aux devoirs et donc à la prison qu’on y arrivera, essayons plutôt d’accueillir dans d’autres organisations que la seule école, ceux dont la fortune a délaissé le berceau.
Francis Kutten le 20 mai 2008

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