Donnant-donnant
Quelle est la meilleure formule pour encourager la création de richesses sans pour autant exploiter les producteurs de cette richesse? La taxe, l'amende? Non le donnant-donnant.
Il est impératif que nous socialistes encourageons les différents acteurs économiques à se respecter car c'est dans le dialogue, dans la recherche du compromis acceptable, que l'on arrive à l'acceptation d'efforts partagés par les uns et par les autres. Cela doit se faire par un volontarisme incitatif et non coercitif. Comment?
Toute aide publique doit être conditionnée à un comportement citoyen de l'entreprise: respecter la démocratie sociale, l'environnement, la parité, la redistribution juste des bénéfices, la durabilité des contrats de travail, l'effort de formation des salariés, l'investissement dans l'appareil productif, l'augmentation de la masse salariale si bénéfices, etc.. Il n'est plus acceptable que l'état donne sans se soucier de l'impact sur la collectivité dans son ensemble. C'est comme cela que l'on pourra redonner confiance en l'entreprise et en l'état qui sera le garant de ce juste équilibre.
Ceci pourrait permettre de créer des filets de sécurité collectifs pour les entrepreneurs qui prennent le risque de créer une activité sans être sûr de sa pérennité. Le donnant-donnant est valable pour tous et dans chaque situation et il a comme caractéristique de ne pas créer de tensions collectives et d'apaiser le climat social.
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Donnant-donnant et désir d'entreprendre
@ ASSE42:
Je trouve que c'est une excellente idée. On peut la développer ainsi et c'est un avantage décisif pour la logique participative de Ségolène Royal :
Les interventions étatiques sur l'économie de marché ont été jusqu'à ce jour, surtout celles de contraintes, de freins réguateurs et fiscaux. La critique des milieux économiques a été invariablement celle de la nuisance à leur compétitivité. Cela a conduit à la logique du "moins d'Etat" pour les gouvernements de droite et aux "usines à gaz légales" pour les gouvernements de gauche.
Mais on n'a jamais essayé la voie PARTICIPATIVE. Et c'est là que je te rejoins : créer une dynamique participative qui recherche une coopération active des entreprises pour le bien de toute la communauté. En leur accordant des dignités, des parcelles de pouvoir en fonction de leur adéquation à l'intérêt le plus général, on pourrait contribuer utilement à dynamiser l'économie, plutôt que de n'être qu'un simple frein réguateur. A ce point de vue Ségolène Royal a le potentiel de tous les coiffer au poteau, DSK et Delanoë compris.
Utica
Concrètement, cela pourrait consister à
Concrètement, cela pourrait consister à :
- Subordonner toute aide publique à l'investissement ou au démarrage d'un entreprise à l'attribution de 30% des voix dans les instances dirigeantes aux représentants des salariés.
- Le remboursement des aides publiques si les emplois correspondants ne sont pas créés ou pérennisés à l'échéance prévue.
- L'accès égal de tous les salariés aux stock options à proportion de leur salaire de base (si l'entreprise gagne tout le monde gagne, si elle ne gagne pas, personne ne gagne, et personne ne peut gagner plus en ayant peu de salaire de base - moins d'impôt sur le revenu à payer - et plus de stock options - jackpot peu fiscalisé-)
*Rappel : Les majuscules servent sur internet à crier, elles sont à éviter, merci.*
le perdant-perdant
Ton commentaire implique deux notions qui ont amené la France dans l'état que nous lui connaissons aujourd'hui et ceci quel qu'aient été les gouvernements en place depuis 40 ans...
1) l'état distributeur : 70 milliards (+ surement) sont distribués annuellement aux entreprises sous forme de subventions, crédits d'impôts, diminution de charges, exemptions diverses et variées. Cette manne de l'état distributeur est largement injustifiée économiquement et est le plus souvent le résultat de pressions de lobbys quand il ne s'agit pas d'indélicatesse d'élus voulant préserver leurs chances de réélection en finançant à fonds perdus des canards boiteux de l'économie dont le management n'a pas su inventer l'avenir...(par exemple je ne vois pas pourquoi mes impôts devraient financer telle entreprise en faillite, quand cette dernière faisait des bénéfices elle ne m'a pas fait parvenir un chèque!).
2) l'état interventionniste : a te lire c'est l'état qui devrait décider de tout (formation, contrats de travail, investissement...) Quel entrepreneur serait assez fou pour se lancer dans une aventure ou tous les tenants sont pré-formatés par l'état omniscient ?
A mon sens c'est aux partenaires sociaux de négocier la totalité de l'environnement social de l'entreprise : d'où la nécessité de relancer leur représentativité et leur puissance.
L'état est incompétent pour décider quelles aides doivent être distribuées à quelles entreprises sauf à pérénniser des effets d'aubaine pour des sociétés qui n'investissent plus (ou pas assez). Il faut tout arrêter !
Gagnant-gagnant
Et bien c'est pour lutter contre cette gabegie financière étatique qu'est institué ce mécanisme donnant-donnant.
Tu rappelles que l'état distribue 70 Milliards d'euros/an, il faudrait donc orienter cette manne financière vers un meilleur comportement citoyen, tu ne crois pas? Ce serait justement la solution pour éviter de voir des effets d'aubaine ou des guichets automatiques. Qu'est-ce que tu proposerais toi concrètement pour rendre efficaces ces aides publiques? Peut-être les supprimer tout simplement...
Lorsque je lis ton point 2, je me rends compte que tu rentres dans des considérations idéologiques. Car il est impossible de laisser les entreprises dicter leurs manières d'être dans la société. L'Etat est le garant de la vie collective. Et il agit concrètement sur la vie économique du pays par le biais d'allégement fiscaux ou d'aides publiques diverses. D'ailleurs toutes les entreprises le demandent car elles savent bien que lui seul est capable d'avoir une vision large du bassin d'emploi et de peser sur les infrastructures. Alors si l'Etat engage des dépenses pour permettre aux entreprises d'améliorer leur environnement et la formation de leurs salariés, n'est-il pas concevable d'exiger en échange un contrat citoyen qui définisse les règles que devra respecter l'entreprise. Il n'est plus tolérable de voir des entreprises utiliser les avantages fiscaux et ensuite déménager lorsqu'elle n'en bénéficient plus.
L'Etat d'une manière ou d'une autre intervient dans la vie économique du pays. L'Etat le fait avec notre argent et il est indispensable que celui-ci soit mieux utilisé et soit plus productif pour la société. l'objectif final étant que ce donnant-donnant soit gagnant-gagnant pour les entreprises, pour les salariés, pour les territoires et pour l'Etat.
le donnant donnant à ceux qui le respectent
Il faudrait quand même envisager des sanctions , pour ceux des patrons qui ne seraient pas sensibles à la seule incitation, faut pas rêver, s'il est plus rentable de licencier ou de ne pas respecter le contrat , le donnant donnant ne suffira pas.C'est un concept séduisant, mais il faudra y mettre beaucoup de contenu, et en délimiter toutes les réglés.
La force de l'incitation
Toutes les entreprises, toutes les activités économiques dans la société bénéficient peu ou prou d'aides publiques directement ou indirectement. Le fait de pouvoir en bénéficier ou pas est déjà incitatif dans l'esprit de l'entrepreneur.
Ensuite bien sûr il faudra être vigilant sur le respect des accords et là savoir sanctionner lorsque ce sera le cas.
L'incitation de l'Entrepreneur
@asse42
L'incitation de l'entrepreneur et du créateur ne passe absolument pas par la perspective de toucher des subventions (voir les enquètes Oséo).
Au sein de "Désir d'Entreprendre" (structure de DA qui regroupe un certains nombre de patrons de pme -dont moi- et un grand nombre de cadre-sup de sociétés de tailles diverses et dans des secteurs très variés) nous avons abordés la question : la motivation des créateurs d'entreprises est davantage liée au désir de liberté, d'initiative et naturellement au souhait de bien gagner sa vie...Je ne donnerai pas cher d'une entreprise crée dans le seul objectif de ramasser des subsides...
Si l'Etat, mais surement davantage les structures de type Région, doivent aider à la création et la pérennisation des entreprises c'est davantage en remplissant leurs missions de soutien par la mise à disposition d' infrastructures performantes (routes, communications, energie), d'une administration simplificatrice et efficace, de mise à niveau permanente d'une main d'oeuvre qualifiée (par la sécurisation des parcours professionnels) et l'ouverture des marchés publics aux PME qu'en "contrôlant et sanctionnant" sur des "arrangements" qui ne peuvent intéresser que des patrons peu efficaces et peu entrepreneurs...
Les aides publiques
Les aides publiques aux entreprises sont de 70 Milliards d'euros il me semble. Et la plupart sont des avantages fiscaux sur les bas salaires ou pour une durée limitée,etc... Il existe donc bien des aides publiques que les entreprises touchent sans même le demander.
Je pense donc que lorsqu'on dit aux entreprises que l'on va diminuer la fiscalité sur le SMIG c'est une aide publique par exemple non? Et bien en contrepartie demander à ce que ces entreprises aient un comportement citoyen vis à vis des salariés et du territoire. On n'accordera plus d'allégements fiscaux aux entreprises qui ne respectent pas un certain comportement. Est-ce utopique?