Des organes de régulation plus justes permettant le développement des PMA ET PVD

La menace de la concurrence internationale concerne plutôt les pays d’Asie comme la Chine ou l’Inde avec des problématiques différentes des PVD ou des PMA qui eux sont victimes des règles du libre-échange et du protectionnisme des pays du Nord, sans être en mesure de les concurrencer.

En premier lieu, il faudrait agir sur les règles, comme la suppression des droits de douanes entre partenaires commerciaux, édictées par l’OMC, et sur lesquelles l’UE s’aligne pour les nouveaux APE signés avec les pays ACP. Ces règles présentées comme égalitaires, ne le sont en fait pas, car la suppression des droits de douanes représente un manque à gagner conséquent pour les États du Sud. Les conséquences vont en être des coupes budgétaires dans des secteurs clefs comme la santé ou l’éducation.

D’autre part, les pays du Sud se trouvent confrontés à des mesures protectionnistes comme les normes sanitaires et de sécurité que l’on ne peut discuter, car touchant à la protection des consommateurs du Nord. Ces normes sont souvent difficiles voire impossibles à atteindre par les pays du Sud. La mise en place, par le biais du co-développement, de programmes de mise à niveau, pourrait donner plus de chances aux produits du Sud d’accéder aux marchés du Nord.

L’introduction massive de produits venant des pays du Nord (libre échange), à bas coût puisque souvent hautement subventionnés (protectionnisme), entraîne l’asphyxie des producteurs nationaux, la pauvreté, l’exode rural, l’immigration…

Finalement, le commerce et le développement sont étroitement liés et les pays membres de l’ONU, parties prenantes de l’OMC, membres de l’UE, en validant les règles internationales inégalitaires, sont en totale contradiction avec les OMD, qu’ils ont eux-mêmes fixés.

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Vers des normes sociales internationales?

20 % de la polulation mondiale consomme 80 % des richesses, et la moitié de l'humanité vit avec moins de 2 dollars par jour. Face à cette situation, la seule réponse qui nous est proposée consiste en une libéralisation des marchés.
Les barrières tarifaires aux échanges sont ainsi passées de 40 % dans les années 50, à 3 % aujourd'hui. Or, la pauvreté continue de se développer et s'aggrave dans certains cas. L'ouverture des marchés ne suffit donc pas à elle seule à assurer le développement des pays du Sud. Les solutions ne sauront être uniquement nationales. Les pays du Nord, l'Union européenne en tête, doivent avoir le courage de proposer des solutions audacieuses.

Même si la libéralisation des marchés a, la plupart du temps, un impact positif sur la croissance des échanges commerciaux (Argentine, Brésil, Thailande), cette image positive de la mondialisation se doit d'être nuancée dans la mesure où la richesse créée est bien souvent mal répartie. Elle bénéficie à certaines parties de la population, délaissant ou appauvrissant d'autres populations, notamment agricoles (comme par exemple en Chine). Les instances internationales doivent donc modifier leurs régles de fonctionnement :

1. L'Organisation Mondiale du Commerce impose la suppression de toute barrière tarifaire aux échanges. Seul l'argument sanitaire peut être invoqué sous couvert qu'il soit dûment justifié. Peut-on se satisfaire d'une telle limitation de la marge de manœuvre des pays sous couvert d'une libéralisation des échanges? Peut-on accepter la mise sur le marché d'OGM quand on sait que le système de protection intellectuelle donne plein droit aux laboratoires pour traîner les paysans des pays en développement devant les tribunaux? Le citoyen doit pouvoir refuser les échanges commerciaux pour des raisons éthiques ou sociales. Bien entendu, des gardes-fous sont nécessaires pour éviter tout protectionnisme caché. Ces derniers pourraient de décliner de différentes manières, l'organe de règlement des différends (ORD) qui dépend de l'OMC pourrait étendre ses compétences aux sujets sociaux et éthiques.

2. La libéralisation des marchés ne peut bénéficier durablement aux populations que si une répartition juste des richesses est assurée. Les pays d'Asie du Sud ont réussi leur mutation en investissant massivement dans l'éducation et les infrastructures au bénéfice de l'ensemble de la population. Paradoxalement, les institutions financières tel que le FMI ont exigé des pays en voie de développement qu'ils misent tout sur les exportations, tout en réduisant l'influence de l'Etat. Ceci n'a pas permis de réduire la pauvreté. Les instances financières internationales doivent reconnaître l'intérêt d'une bonne gouvernance au sein des pays en développement ainsi que le rôle essentiel des Etats.

3. Ce changement de comportement du FMI doit s'accompagner de mesures rapides sur la dette des pays du Sud. Il faut abolir la dette des Pays les Moins Avancés (PMA) et mettre en place d’une instance d’arbitrage et de régulation pour les pays à revenus intermédiaires en situation de crise (Argentine). A court terme, les dépenses publiques doivent être prioritaires sur le remboursement.

Nécessité d'avoir des entrepreneurs compétents et honnêtes!

Marc VANTROYS / NANTEUIL le Haudouin / Oise

Il est possible dans les pays du Sud de mettre en valeur des produits locaux et de les exporter vers les pays du nord en appliquant les normes sanitaires et de sécurité, à condition qu'un entrepreneur compétant s'en occupe: Il ne faut pas que cela se subtitue à des cultures vivrières indispensables localement, et il faut bien connaître la marchandise ou le service à produire et les normes du nord associées, et pour cela il faut avoir vécu longtemps au nord, et donc soit être expatrié au Sud, soit avoir été immigré longtemps au nord. Il faut en plus disposer des capitaux nécessaires et accepter de les risquer dans cette affaire (et il arrive que l'on perde tout!), tout en étant décidé à rester honnête: respecter le personnel (pas de travail des enfants, travail dans des conditions de sécurité et sanitaires correctes, salaires raisonables à l'échelle locale, ...), respecter les clients (ne pas chercher à gagner trop vite avec des marges excessives, ou pire en falsifiant des documents bancaires!), et respecter l'environnement physique et humain (savoir comprendre les fonctionnaires qui doivent faire vivre leur famille sans utliser la corruption systématiquement, ...).
Bref, c'est trop souvent la quadrature du cercle, surtout en raison des lacunes du système éducatif des pays du sud, et cela explique la plupart des échecs trop souvant constatés lorsque sont lancées des opérations de développement. Les succès des Libanais en Afrique subsaharienne francophone et des Indiens en Afrique anglophone illustrent bien ce propos.

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