Démocratie participative Droit politique

Cessons à gauche de faire dans l’arrogance et la certitude des solutions clé en main. Cessons d'oeuvrer pour le peuple en colonisateur propriétaire du peuple. Les citoyens sont majeurs et à côté de la démocratie représentative doit fonctionner une démocratie participative.
La démocratie participative est un peu mise à toutes les sauces. Une invitation même à s’exprimer au cours d’un débat, a pu être assimilée à la démocratie participative. Quoique c’est déjà ça !

… des réunions ou le responsable de la séance parle et parle …
Que n’a t- on entendu des élus se plaindre d’une intervention après leur prise de parole et en faire état auprès des responsables. Dérisoire. Affligeant. IL se trouve des réunions ou le responsable de la séance parle et parle. Le président est ainsi capable d’exposer plus d’1 heure d’affilée laissant quelques ouvertures à celui qui se hasarde pour préciser un de ses paragraphes. Parfois même, pour compléter le propos, un présent est sollicité nominalement. Quel mépris inconscient! Ceci est en réalité signe de faiblesse que de ne s’autoriser aucun silence ou de ne s’appuyer sur aucune intervention libre.

La démocratie participative est souvent confondue avec une simple communication ouverte, avec un débat, en somme une conférence avec de nombreuses questions ou interventions. C’est un bon moment d’expression mais la démocratie participative invite à autre chose. Elle ne doit pas être formule d’affichage comme l’expression « faire de la politique autrement » que l’on voit trop souvent permettant de tenter de faire croire q’un vide de la pensée et des idées peut être ainsi camouflé.

…Elle a à voir avec « l’autogestion » ce thème qui a fleuri après 1968… C’est l’accès au politique pour tous…

Elle a à voir avec « l’autogestion » ce thème qui a fleuri après 1968 repris même par François Mitterrand et le parti communiste puis abandonné. Ainsi un des slogans de 1981 était « Mon projet pour le pouvoir est de vous le rendre ». C’est resté une idée qui n’avait reçu aucun début de formalisation quoique les comités d’usagers qui viendront en constituent une parenté.
En fait il s’agit pour le citoyen de s’exprimer dans une configuration définie permettant de porter un point de vue qui doit être pris en compte dans l’exercice des pouvoirs. C’est l’accès au politique pour tous. Tel est l’enjeu, la politique n’étant plus un métier, un espace réservé. Démocratiser la politique telle doit être l’ambition.
La démocratie participative consistera donc, en une panoplie d’outils, fonctionnant parallèlement à la démocratie représentative. Ces deux volets de la démocratie ne sauraient être séparés, mais au contraire se nourrir l’un de l’autre.

Ces outils doivent bien sûr être intégrés à la constitution. On peut en citer quelques uns :
▪ Le référendum d’initiative populaire sous conditions d’acceptabilité prévues.
▪ Les commissions extra municipales ayant compétences reconnues et précisées en amont.
▪ Les jurys citoyens et ne pas « en rabattre » sur le sujet comme le soulignait notre candidate dans son livre.
▪ Une transformation significative des conseils municipaux tels qu’ils fonctionnent. IL convient d’y attirer les citoyens en gardant leur efficacité.
▪ Le droit au temps politique pour chacun avec des formules à inventer, comme depuis 1968 le droit syndical est un acquis.

… un effort immense d’information et de réhabilitation du politique…

Ceci implique un effort immense d’information et de réhabilitation du politique trop assimilé
aujourd’hui à opacité, magouille ou piston. Renverser cette perception ne pourra s’opérer que par la gauche, à condition qu’elle l’ambitionne et qu’elle ajoute le souci de la morale publique à ses actions.
Le terme « morale », je crois qu’il faut le remettre au goût du jour et en reparler. Je trouvais indécent dans les années 2000 et 2001 que l’on puisse parler de « cagnotte » au sujet des finances de l’Etat. Combien de révoltes dans l’histoire se sont faites en réalité contre la corruption de ceux qui étaient là pour donner l’exemple. Nous avons dans ce début de quinquennat une présidence pour le Président et sa mise en scène. On est dans l’arrogance et le mépris comme jamais depuis longtemps.

…en appeler au respect…

IL convient donc d’en appeler au respect. Ségolène Royal en a parlé souvent à juste titre. Puisse la gauche s’emparer de ce sujet et prouver dans ce domaine. Nombre de moqueries sur cette question, sont venus de la gauche même, celle qui est à 100 lieues de la vie réelle.
Nous avons tous entendu ces personnes revenant d’un entretien dans une administration ou une mairie et indiquant « Et si au moins on m’avait respecté ». De chaque côté du guichet ou du bureau il y a égalité de droits. Un savoir, une position politique n’autorisent pas le jugement méprisant ou la non réponse mais impliquent le service. On a trop souvent oublié les droits au respect et à la dignité.
Pour une démocratie participative vivante et non d’affichage, pour donner sens à l’action il convient de refonder un parti qui réconcilie avec la politique.
jch 01-2008

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