Contribution de Paris 14è - débat participatif
Débat participatif du 15/04/08 : L’Europe
Paris 14è
Compte rendu
Contexte
Quatre questions étaient posées pour construire le débat :
- Qu’est ce qu’être européen ?
- Qu’est ce que l’ Europe sociale ?
- Quel rôle pour la France en Europe ?
- Quelle place pour la Turquie ?
Des 4 thèmes interdépendants, et articulés autour de la conscience de l’identité européenne, le sujet Turquie largement développé dans le googlegroup, a été réservé pour ce moyen d’échanges et le débat s’est concentré sur les trois autres questions.
Qu’est ce qu’être européen ?
L’être européen pour certains, serait vivre dans un certain espace géographique, être héritier d’une culture bâtie au cours d’une longue histoire. Sentiment d’appartenance fondé sur la culture, civilisation partagée, communautés de destin soit, mais après ? Un large consensus a refusé de réduire l’ identité européenne à un tel héritage.
Qu’est ce que l’identité européenne, alors ?
- c’est au travers d’un passeport commun à tous les habitants des états membres, la conscience de l’existence d’un certain espace « européen » qui repose sur quatre piliers : démocratie et respect des droits de l’homme, prospérité alliée à une meilleure distribution des richesses et à la liberté des échanges, paix, protection de l’environnement .
Etre européen, serait donc une citoyenneté d’élection, parce qu’on aura choisi d’adhérer à ces valeurs communes.
Etre européen c’est la capacité d’aller ailleurs que là d’où l’on vient, mieux de construire un projet pour aujourd’hui et demain.
Création politique pour pacifier un espace au lendemain de la deuxième guerre mondiale, l’Europe s’est construite sur le volontariat pour réconcilier les peuples en particulier à travers le couple France –Allemagne. Sans doute, toutes les imprécisions qui faisaient partie de cette construction ont-elle servi son développement et son élargissement mais aujourd’hui elles représentent une faiblesse. Comment passer ce cap où l’Europe victime de son succès affiche une impuissance certaine à s’imposer dans le concert des grandes nations, à promouvoir ses valeurs ou faire face à la crise alimentaire mondiale qui menace la survie et la stabilité d’une grande partie de la planète?
Cela revient à chercher quel est l’impensé de l’Europe aujourd’hui. Est-ce une ouverture vers une forme politique, fédération d’états ou autre ? Le dialogue doit être ouvert, et il a été posé au cours du débat mais la pensée prioritaire apparue comme nécessité a introduit l’idée de construire une Europe moins lointaine, moins abstraite, la rapprocher des gens. En d’autres termes, c’est inventer l’Europe comme Union des Peuples après ce qui a été l’Union des gouvernements. La métamorphose est radicale, elle représente pourtant une réelle attente et l’expression d’un espoir auquel s’identifier
Qu’est ce que l’Europe sociale ?
Fondamentale pour le renforcement d’une identité commune et d’un ancrage dans le concret, l’Europe sociale a pour objectif l’harmonisation par le haut des droits sociaux existant dans les divers états. La disparité évidente des situations est un frein. Mais il faut comprendre que les lieux communs en sont un autre. L’idée que la France bénéficie de la meilleure protection sociale, n’est pas féconde et en plus se trouve largement menacée par la régression de politiques plus favorables au capital et aux employeurs, et d’un syndicalisme français de moins en moins représentatif.
Un autre handicap est le déni d’une certaine réalité par les médias et les politiques. La carte européenne d’accès aux soins fonctionne. Le SMIC se négocie en Allemagne. Renault France à travers la CGT a manifesté sa solidarité avec les salariés de la filiale roumaine.
Il faut rapprocher, comparer, et ne pas buter sur les différences qui limitent voire interdisent les comparaisons.
L’Europe si elle n’offre pas un modèle commun montre des exemples positifs où les syndicats fortement représentatifs des salariés sont de vrais partenaires institutionnels de la vie sociale, et peuvent intervenir pour pallier au chômage par des accompagnements financiers ou professionnels. Allemagne, Europe du Nord avec des salaires syndicaux issus des cotisations sociales perçues, Danemark avec facilités accordées pour mobilité professionnelle, l’Espagne avec un syndicalisme de masse qui inclut les non syndiqués sont des sources de réflexion.
En conclusion, l’irruption d’un syndicalisme de masse dans le champ social apparaît comme le meilleur moyen de faire progresser et avancer l’Europe sociale. Et par ce biais, les citoyens des différents états membres pourraient sentir dans leur vie quotidienne les bienfaits de leur appartenance à l’ ensemble européen.
Le rôle de la France
La question dans son libellé même alimente le débat. N’y a t il pas une forme d’arrogance qui s’exprime ainsi, caractéristique des reproches que les européens peuvent faire à la France. La fermeture au niveau national des Français fait écho à l’idée d’une supériorité « historique » et poursuit un malentendu .qui n’a aucune chance de faire progresser la situation.
Il faut donc revenir et penser la réalité présente. La France doit accepter une place différente de celle qu’elle avait lors de la création de l’Europe. Cela revient du reste à se demander de quels moyens doit -elle se doter en stratégie, tactique , compétences pour reconquérir une importance et une influence.
On le voit la stabilisation du rôle de la France en Europe demande une volonté et une détermination qui ne s’expriment pas seulement en discours, ou slogans mais en actes et par une présence visible sur le terrain des politiques et des fonctionnaires.
Pour conclure la France doit être utile à l’Europe, et l’Europe utile à la France . C’est l’Europe par la preuve.
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L'Europe - débat participatif
Bonjour PARIS 14ème, le pays où je suis né !
Bravo pour vos réflexions.
Il est certains que rien ne se fera plus sérieusement au niveau national sans politique d'ensemble au niveau européen, notamment pour les questions liées aux échanges internationaux (le bilatéralisme ne peut pas être pérenne; imaginez la Chine avec la France...), la politique étrangère, la politique de défense et la politique énergétique.
Français de l'Etranger, les gesticulations de Sarko sont vécues dans la douleur, tant les sarcasmes pleuvent aux alentours (l'idée que la France soit le phare de l'humanité est un archaïsme...). L'Europe frémit déjà d'une présidence européenne à la mode Sarko...
Il faut que les artisans de la construction européenne aient un discours plus offensif, pour expliquer les bienfaits de l'UE, et soient plus ambitieux dans la description du projet européen. La prochaine campagne pour les élections européennes devra être l'occasion d'un grand débat coordonné au niveau des gauches européennes pour contrecarrer la situation hégémonique de l'idéologie libérale largement relayée par les lobbies anglo-saxons, alors que les USA n'aiment tant le libéralisme que lorsqu'il s'applique aux autres.
Les politiciens nationaux portent une lourde responsabilité dans le désenchantement des citoyens de l'UE envers l'Europe en tant qu'institution et tant que projet politique.
L'Europe a besoin d'énergie et d'enthousiasme renouvelés mais aussi d'efficacité !
Penser aujourd'hui qu'une mesure prise unilatéralement au niveau national ait un impact retentissant au niveau européen ou mondial est un leurre.
Je ne dis pas que des mesures d'ajustement ne sont pas utiles, je dis que toute initiative qui a l'ambition de modifier durablement les règles de fonctionnement des échanges internationaux devra être Communautaire.
Fraîchement membre du PS, je me suis également inscrit au PSE, en toute logique.
Je vous laisse méditer sur l'intérêt de l'initiative.
A bientôt les amis.
Phanou