Consultation participative : comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ?
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Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.
Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun. Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.
Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher, en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (A) et sur nos valeurs (B).
C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés.
Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS. La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.
L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.
(A) Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10. une planète menacée d’autodestruction.
(B) Les sept valeurs et objectifs qui nous guident
1.Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
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Pour nous ré-unir à nouveau
En Seine saint Denis, et particulièrement à Montreuil, après leurs succès aux élections municipales et cantonales, les vainqueurs se sont réjouis de l’affaiblissement et de la perte d’audience du Parti Communiste.
En citoyen de gauche et militant socialiste, je déplore cette attitude et condamne les luttes fratricides. Quant au 1er tour de l’élection Présidentielle l’ensemble de la Gauche ne rassemble que 36% des électeurs, on se rend compte alors que le déclin du PC affaiblit toute la Gauche.
Le traumatisme que vivent aujourd’hui les militants et les sympathisants communistes de la Seine-saint-Denis et de Montreuil est identique à celui qu’ils vécurent à la chute du Mur de Berlin. Il est d’autant plus important qu’il représente pour eux l’écroulement des luttes pour leur idéal et l’engagement de toute leur vie faite de dévouement et de générosité pour leurs concitoyens. Et par ces quelques lignes, je veux leur rendre hommage.
Petit rappel historique :
Tous les partis et mouvements politiques de gauche ont la même origine, les mêmes valeurs, le même objectif : la victoire du prolétariat dans l’avènement du socialisme. Ils sont nés de la révolte, du refus et des luttes contre la misère et l’injustice sociale dont était victime la classe ouvrière au XIXe siècle.
Jaurès fut l’artisan du rassemblement des socialistes dans la Section Française de l’Internationale Ouvrière au congrès du Globe en 1905 dont l’article principal de la 1er déclaration de principes était :
"(…) Le Parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d'échange, c'est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen, l'organisation économique et politique du prolétariat (…)".(le monde du 22 avril 2008).
En 1914, au nom de la patrie agressée, les socialistes, dans chaque pays, participent à des gouvernements d’union sacrée et ne s’opposent pas à l’effort de guerre. Le sentiment national prend le dessus sur la lutte des classes. Et suivent les quatre ans de guerre mondiale.
Après tant de souffrances et de morts, Lénine et les bolcheviks accusent la IIe internationale d’avoir trahi la classe ouvrière et le pacifisme. Ils créent l’Internationale Communiste.
Chez les socialistes français le traumatisme de la guerre est aussi très fort, et en 1920, au congrès de Tours, Léon Blum ne pourra éviter la scission: la majorité des délégués votent l’adhésion à la IIIe internationale.
Les trois quarts des congressistes acceptent les 21 conditions dictées par Moscou, ils quittent la S.F.I.O pour créer la Section Française de l’Internationale Communiste qui deviendra plus tard le Parti Communiste Français.
A la fin du congrès, Léon Blum déclare : « Quel sera le nouveau parti que vous voulez créer ? Au lieu de la volonté populaire se formant à la base et remontant de degré en degré, votre régime de centralisation comporte la subordination de chaque organisme à l'organisme qui lui est supérieur ; c'est au sommet un comité directeur de qui tout doit dépendre, c'est une sorte de commandement militaire formulé d'en haut et se transmettant de grade en grade, jusqu'aux simples militants, jusqu'aux simples sections… Nous sommes convaincus jusqu'au fond de nous-mêmes que, pendant que vous irez courir l'aventure, il faut que quelqu'un reste garder la vieille maison… Les uns et les autres, même séparés, resteront des socialistes ; malgré tout, restons des frères qu'aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu'un foyer commun pourra encore réunir. »
Encore une fois aujourd’hui, nous pouvons rendre hommage à la clairvoyance de L. Blum. Mais cela prouve aussi que la majorité n’a pas toujours raison.
Rendre hommage aux militants communistes s’est reconnaître leur fidélité à une cause, à un idéal. Bien sûr, comme tous ceux qui s’occupent de la chose publique, ils se sont parfois trompés, mais, aussi, on les a beaucoup trompés.
Je me souviens d’un événement qui m’a beaucoup marqué : le défilé à la libération de Paris. En 1944 j’avais 6 ans et me trouvai dans la foule en liesse ; je me rappelle encore les cris de joie et de reconnaissance : « Vive De Gaulle, Vive Thorez, Vive les communistes ». J’ai cru pendant longtemps que c’était les noms des héros qui avaient gagné la guerre et libéré Paris. C’était je le rappelle une opinion très répandue à l’époque.
Aux premières élections d’après guerre, le parti communiste rassemble plus de 25% des électeurs. Nul ne peut nier qu’il a été un idéal, une espérance, une foi partagée par des millions de personnes de par le monde. L’engagement militant pour cette utopie, pour le parti, pour le bien et l’avenir de la classe ouvrière était sincère et total.
On ne peut contester le rôle des militants communistes dans la Résistance à l’occupant nazi, les combats pour l’indépendance et la paix au Vietnam, en Algérie, et pendant des années, toujours en pointe dans les luttes sociales.
Grâce à l’organisation en cellules, ils ont entretenu la cohésion sociale dans les quartiers populaires, sur des valeurs de fraternité, de générosité et de solidarité. Maintenant qu’ils ne sont plus là, se sont malheureusement les intégristes religieux et les mafias qui occupent le terrain abandonné par les partis politiques.
Mais il faut le dire aussi, il y a eu perversion de cet idéal comme l’avait prévu Léon Blum : dérive totalitaire, crimes d’Etat, absence totale des Droits de l’Homme, dont la liberté et celle d’expression, bilan social très décevant, font aussi parti de l’héritage communiste.
Aujourd’hui la IIIe internationale n’existe plus, aucun Etat ne pratique ni ne se revendique communiste, ses dogmes sont caducs.
Au moment où on entend à nouveau parler de famines, d’émeutes de la faim dans le monde, où en France de plus en plus de familles, de retraités, de handicapés vont devoir choisir entre se nourrir, se chauffer ou se soigner pendants que les plus favorisés se pavanent dans des palaces et sur des yachts, au moment où les inégalités et les injustices deviennent insupportables et où toute la société est menacée de retrouver les conditions de vie du XIXe siècle, face à la toute puissance des multinationales, nous aurions bien besoin d’une nouvelle Internationale rassemblant toutes les Gauches.
Aujourd’hui, la Droite détient tous les pouvoirs: Présidence de la république, gouvernement, majorité dans les deux assemblées, conseil constitutionnel et aussi médias ( et là, personne ne s’en rend compte !). Face à cette droite unie, arrogante, dominatrice, pour gagner l’élection présidentielle 2012, il faut créer un nouveau grand parti de gauche.
Un événement important vient de se passer en Italie : ce n’est pas l’élection de Berlusconi, mais le fait qu’il n’y ait plus aucun député communiste ou socialiste élu. Ce scrutin doit faire l’objet d’une analyse profonde et d’une réflexion de toutes les Gauches européennes.
Partout nos divisions font le jeu des conservateurs et des réactionnaires. Je souhaite de tout mon cœur que pour le prochain congrès du Parti Socialiste on abandonne la lutte des places pour le souci de l’intérêt général et que nous montrions clairement, enfin, notre volonté (si nous en avons) de rassembler les Gauches dans un grand Parti.
Je souhaite que notre congrès soit l’inverse de celui de Tours, qu’il adopte dans sa déclaration de principes ou dans ses motions, la volonté, comme l’a eu Jaurès, de rassembler à nouveau toute cette Gauche au sein d’une même maison.
Henri Goldszer
Valeur N°3
Didier PICARD
En accord avec le texte publié sur EMERGENCES (Politiques Publiques) il faut effectivement que l'exemple vienne d'en haut et particulièrement sur le plan des dépenses publiques...
Pourquoi ne pas faire voter par le Parlement (ou par une instance de contrôle émanant de ses rangs) les effectifs ministériels (y compris les cabinets) ainsi que les frais de fonctionnement (pour éviter le transfert vers des officines de conseil...) et présidentiels (revenus du président et budget de fonctionnemeny)
Identifier et répondre aux peurs
« Devant l’évolution du monde et de la société, comment raison et enthousiasme garder ? » (Jean Jaurès) Naguère, les Hommes avaient la hantise des grands fléaux : disettes, famines, maladies et grandes épidémies, guerres, mortalité infantile. Les progrès de la science, de la médecine, de l’éducation et de la raison ont vaincu ces peurs. Aujourd’hui, l’angoisse de l’avenir se nourrit des problèmes réels que chacun ressent. Le chômage, la précarité, le pouvoir d’achat, la panne de l’ascenseur social, la retraite, l’identité, l’intégrisme religieux et le terrorisme, l’insécurité, les flux migratoires, la mondialisation, la pollution et l’environnement, toutes ces questions sont ressenties comme des menaces et entraînent le repli sur soi et la désignation de bouc émissaire - les jeunes, les assistés, les fonctionnaires, les étrangers surtout pauvres.
Ces angoisses se traduisent par une demande de toujours plus de protection.
Dans le même temps, les conditions de vie s’améliorent nettement chez une partie de la société, mais stagnent ou régressent dans l’autre. Il y a encore des enfants qui meurent de faim et des centaines de millions de personnes dans le monde qui vivent avec moins de deux euros par jour. En France même, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté augmente tous les ans, il y en a plus de sept millions en octobre 2007, et pendant ce temps, Sarkosy augmente son salaire de manière éhontée face à la misère, et s’en glorifie !!!!!!!!!!
Cette société anxiogène et déséquilibrée -misère insupportable face au culte de l’argent-roi - est dangereuse pour les libertés et la démocratie.
L'extrême misère provoque deux réations:les émeutes de la faim et le refuge dans la religion avec la montée des intégristes. elle fait aussi le lit du pouvoir personnel et d’un soi-disant homme providentiel, sauveur suprême.
L’avenir de la gauche est dans l’élaboration d’un projet de société qui s’inspire des préceptes de Jaurès sur l’effort, le mérite, la Nation qu’il faut lier avec la paix, l’égalité, la solidarité, la justice et la laïcité. Ce projet doit être ambitieux et répondre à des objectifs clairs et crédibles. Il doit redonner du sens au collectif. Il ne doit pas se contenter de quelques mesures sociales et de l’abrogation de lois et réformes promulguées par la droite. Il ne doit pas non plus promettre de raser gratis : en 1981, les engagements non tenus de F. Mitterrand de changer la vie et de rompre avec le capitalisme ont crée les déçus du socialisme. La gauche le paie encore aujourd’hui si l’on peut dire.
2 Dégradation du niveau de vie
Salariés au SMIC
Aujourd’hui un salaire au SMIC, ne permet pas de vivre décemment. Le salaire de base en France étant à peine un plus élevé que le seuil de pauvreté au niveau européen.
Si on retranche à ce salaire, les augmentations de loyers, des denrées alimentaires, de l’énergie, les «déremboursements» des médicaments, les franchises médicales…comment s’étonner qu’un privé d’emploi n'ait plus les moyens financiers de prendre un travail ?.
On parle de réhabilitation du travail, quand il faudrait parler de réhabilitation des salaires.
On donne des chiffres d’emplois disponibles, ou de travailleurs ayant trouvé un emploi, sans jamais préciser les chiffres en équivalents temps plein.
En effet, pourquoi reprendre un travail à mi-temps (et au SMIC), quand il faudra dépenser la quasi-totalité du salaire pour les transports, les gardes d’enfants…Quand ce salaire n’est même pas suffisant pour accéder au logement social…
Si pour rester dans le clan des «pays les plus riches», il faut écraser le plus faible, alors qu’on ne fasse plus référence à notre Constitution.
Il faut revaloriser le travail, oui mais en monnaie sonnante et trébuchante. Quand on est en bas de l'échelle, on ne va pas au travail parce qu'on s'ennuie, parce que ça épanoui, on va au travail parce qu'on a besoin de vivre, alors, assez de mi-temps, quart temps, temps partiel, CDD... Les gens veulent du travail, mais un travail rémunéré décemment !!
Retraites
Le pouvoir d’achat de nos anciens est fortement attaqué, d’autant que plus l’âge avance et plus ils doivent faire face à des dépenses de santé qui, nous venons de le voir plus haut, ne sont plus remboursées au prorata de ce qu’on pourrait être en droit de le réclamer, lorsqu’on a derrière soit toute une vie de labeur.
Bien sûr, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne… Et c’est là que nous avons un problème avec ce que nous appelons la « Solidarité ».
Un ouvrier, un salarié ayant gagné toute sa vie durant le salaire de base, aura cotisé suivant ses moyens. Un cadre supérieur ayant un confortable salaire cotisera lui aussi suivant ses revenus.
A la fin de leur carrière, ces salariés (le Smicard et le cadre) toucheront une retraite au prorata de ce qu’ils auront versé !! Ca, ce n’est pas la solidarité !!
En effet, durant toute sa carrière le Smicard, vivra chichement, ne pourra probablement pas acheter son logement. A la retraite il devra payer un loyer, avec une pension très basse.
Le Cadre quant à lui, aura eu la possibilité de préparer sa retraite en achetant son logement, voire prendra une assurance vieillesse complémentaire. Ainsi, il aura une retraite plus avantageuse puisqu'il n'aura pas de loyer à payer et éventuellement une complémentaire.
Une retraite solidaire c'est : chacun donne selon ses moyens quand il produit et chacun perçoit une somme identique quand il ne produit.
Pourquoi cette solidarité s'applique pour la sécurité sociale et pas sur les retraites ?
Hortelano
Etre de gauche aujourd'hui
Henri Goldszer
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Valeurs et principes de Gauche :
Le 28 août 1789, les députés, opposés au veto royal, c’est à dire à la monarchie absolue, se placent à gauche du président de l’Assemblée Nationale pour faciliter le décompte, ainsi naissent les notions de Gauche et de Droite en politique.
Le refus de l’ordre naturel des choses, de l’ordre établi, des privilèges et des injustices, l’idée de liberté, d’égalité, de fraternité, les Droits de l’Homme, l’humanisme, sont les grands principes et les valeurs portés par les révolutionnaires de 1789. Aujourd’hui ces principes et ces valeurs sont toujours à défendre et à promouvoir. Il faut à présent en ajouter deux : la laïcité et le respect de l’environnement.
Avènement du socialisme :
Dans la seconde moitié du X1Xe siècle , avec la 1ere révolution industrielle, apparaît la misère sociale dans le monde ouvrier. Les injustices et les inégalités éclatent. En réaction au capitalisme triomphant et à la bourgeoisie arrogante, l’aspiration à de meilleures conditions de vie se développe. Les partis de gauche soutiennent ces revendications ; ils représentent et défendent la classe ouvrière. La gauche, alors, propose une alternative au capitalisme : l’avènement du Socialisme.
La perspective d’une société de paix, de justice, d’égalité, de liberté, fait naître une immense espérance chez des millions de déshérités, d’exploités, d’humiliés dans le monde. La croyance dans le socialisme est si forte qu’elle s’apparente à une cause sacrée, voire à une religion ; pendant des années, on ne doutait pas de la supériorité de ce système sur le capitalisme : le socialisme est le chemin à suivre pour le bonheur universel sur terre. « L’avènement du socialisme sera comme une grande révélation religieuse » dira Jaurès.
Etre de Gauche en 2008 c’est :
- partager un passé et un avenir, des objectifs, des principes et des valeurs communes, une certaine vision du respect de la dignité de la personne humaine.
- croire et oeuvrer pour l’avènement d’une société plus équilibrée, plus juste entre les privilégiés, les plus favorisés et les populations les plus pauvres.
- Toujours, nous indigner, nous élever contre toutes les formes de violences, d’injustices, de misères et de racisme, toutes les humiliations causes de ressentiments et de haine dans le monde.
- individuellement et collectivement, mettre toujours en harmonies nos pensées, nos paroles et nos actes avec les principes et les valeurs qui nous portent
- être attentif à la morale et à l’honnêteté intellectuelle de nos représentants : quand dans leurs textes ils prônent le mandat unique, limité dans le temps, il serait judicieux qu’ils observent leurs propres édicts ; S.Royal a dit qu’elle ne se présenterait pas à la députation, elle a fait ce qu’elle avait annoncé. Jospin au soir de sa défaite annonce : « Je me retire de la vie politique… », où est le respect de la parole ?
- garder notre sens critique, ne pas nous attacher à un leader, mais rester vigilant et fidèle aux principes et aux valeurs.
- ne pas nous arc-bouter sur la défense des droits acquits, ils sont ressentis comme injustes et corporatistes.
- accepter de nous remettre constamment en question, de revoir nos façons d’agir et de penser et abandonner les slogans incantatoires.
- reconnaître que le capitalisme, le libéralisme, l’économie de marché, la mondialisation ne sont pas contradictoires avec le progrès et la justice sociale si l’on adopte des règles qui en corrigent les excès(lire Vers un nouveau capitalisme par Muhammad Yunus prix Nobel de la Paix).
- mesurer nos positions, propositions, actions, réformes à l’aulne des valeurs et des principes de justice, d’égalité, de fraternité, de raison, de respect de l’autre et de la nature, même au prix de revers électoraux.
- choisir l’équilibre entre la justice et la raison, l’idéal et le réel, penser qu’il vaut toujours mieux convaincre que contraindre.
- ne pas avoir un regard axé uniquement sur notre microcosme français ou occidental, mais regarder beaucoup plus loin, le monde entier, avec nous, change.
La Gauche doit tenir compte de ces mutations, s’adapter constamment aux nouvelles demandes et aspirations de nos concitoyens tout en les orientant dans le sens du progrès, de la justice et de l’égalité.
La population de la terre est actuellement de six milliards d’individus. Très vite elle sera de dix milliards. Il faudra alors assurer les moyens d’existence et le vivre ensemble à tous ces milliards de nos semblables. La gauche doit réfléchir dès maintenant aux problèmes du doublement de la population. Si elle ne le fait pas, le risque est grand de voir réapparaître des famines et des conflits meurtriers pour de la nourriture, l’eau, l’énergie ou seulement un air respirable.
Jaurès, encore lui, disait :
« la Gauche, le socialisme, ne doit pas servir seulement une classe sociale mais la Nation et l’Humanité » Puissions-nous aujourd’hui que le temps presse faire enfin vivre ses idées !!!!
Henri Goldszer
Etre de gauche aujourd'hui
j'adhère totalement à ce que vous dites. J'ajoute et je souligne qu'être de gauche pour moi, c'est aussi être solidaire. Solidaire de ceux qui souffrent, avoir envie de les aider et de leur rendre service. Pour qu'ils puissent s'épanouir, tout simplement. C'est un état d'esprit. C'est l'état d'esprit inverse de celui qui règne actuellement au sommet du pouvoir, où on dresse les gens les uns contre les autres. C'est l'inverse du "chacun pour soi", du "loup dans la bergerie". La solidarité, c'est, quand on est riche, de vouloir le bien de ceux qui sont plus pauvres, et donc d'accepter de donner. On peut être riche de plein de choses, pas seulement d'argent. En plus, cela crée du lien entre les gens, et les rend plus heureux...
Henri Goldszer je vous
Henri Goldszer
je vous remercie pour votre remarque, vous avez raison, être de gauche c'est un état d'esprit, c'est de ne pas vivre rien que pour soi.
Cependant, lorsque vous dites:"La solidarité, c'est, quand on est riche, de vouloir le bien de ceux qui sont plus pauvres, et donc d'accepter de donner. On peut être riche de plein de choses, pas seulement d'argent. En plus, cela crée du lien entre les gens, et les rend plus heureux..."
Cette démarche peut aussi s'appeler la CHARITE, alors c'est tout un débat,
la charité valeur de droite ou de gauche?
SOLIDARITE CONTRE CHARITE
Je pense qu'il est essentiel de ne pas confondre les deux notions antagonistes de solidarité et de charité.
La solidarité peut se vivre au quotidien, dans sa famille, dans son quartier ou dans sa ville, mais fait aussi partie du contrat social: chacun des citoyens accepte de participer, quand sa situation particulière le permet, au financement des dépenses publiques, y compris les mesures sociales redistributives.
(Art. 13. - Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789
Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.)
La charité, au contraire, c'est la notion d'origine religieuse que la droite au pouvoir, imprégnée des thèses ultra-conservatrices, voudrait nous faire avaler tous les jours dès le petit-déjeuner grâce au relais efficace des médias dominants.
Si on les écoute, on peut fonder l'action politique sur le simple encouragement à s'enrichir. Les pauvres n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes s'ils sont pauvres: c'est qu'ils ne sont pas assez entreprenants.
En revanche, pour éviter que ceux qui arrivent à gagner leur vie ne culpabilisent, car l'homme est ainsi fait qu'il rechigne toujours un peu au fond de lui-même à vivre aux dépens d'autrui, on invente des tas de moyens de se donner bonne conscience.
Il ne s'agit pas simplement des fondations et autres "bonnes oeuvres" créées par les milliardaires: on cherche aujourd'hui à faire adhérer à cette vision des choses jusqu'aux petits salariés. C'est ainsi que les chaînes de télévision regorgent de ce genre d'événements (Téléthon, Opération Pièces Jaunes, etc) qui permettent à chacun de donner, parfois des sommes importantes, mais au coup par coup, sur des sujets ciblés, ce qui ne permet ni de garantir un financement à long terme ni de définir des priorités politiques dans les instances prévues à cet effet, comme le Parlement.
Surtout, on voit bien que la Charité est en quelque sorte la privatisation de la Solidarité: chacun peut donner sur les sujets qu'il veut et pas forcément à des organismes publics, et se sentir peu à peu dédouané de l'obligation morale de se soumettre aux impôts.
(Art. 14. - Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.)
Inégalités scolaires
seuqcaj
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
Tant que l'hypocrisie et le refus des riches de voir leurs enfants être mis sur le même pied d'égalité que les pauvres seront en place, rien de vraiment concret ne verra le jour.
Les chances d'égalité sont déjà minces si l'élève habite le 95 contre le 75 (taux d'échec aux brevets impressionnant dans le 95 dernier département de France où je réside).
L'importance du relais du rôle des parents est capital car plus la famille est désagrégée ou faible culturellement (c'est une lapalissade) et plus l'enfant est laissé livré à lui-même.
Il est clair qu'actuellement les 15-25 ans sont désespérés, particulièrement en France.
Désespérés car ils n'ont pas pris conscience des enjeux à l'école dès le plus jeune âge.
Désespérés car ils savent que le marché du travail est faiblement porteur, même pour des qualifications faibles.
Désespérés car les formations dans les écoles de type professionnalisant sont toujours considérées comme le trop plein et le dépotoir de tous ceux qui ne savent plus où aller (je connais un cas de formation de comptable proposée à une personne souhaitant travailler dans l'industrie).
Désespérés car il n'existe pas de contrat de la première chance leur permettant d'y voir clair dans le cursus le mieux adapté à leur cas ou à leur envie.
Désespérés car la trop grande rigidité des professeurs englués et enfermés dans leur pratique quotidienne ne leur permettra pas de sortir d'un cadre qui convient à certains mais pas à tous.
Un consensus doit être trouvé dès que la droite aura été évincée du pouvoir afin de mettre autour d'une table toutes les parties en présence (riches, pauvres, Etat, profs) car rien ne peut se faire sans clarification et mise en perspectives des enjeux.
Capitalisme en folie
seuqcaj
1. un capitalisme qui perd la tête ;
L'alibi de la dérégulation mondiale économique et fiancière lié à l'émergence des pays à très forte densité humaine sert énormément le capitalisme pur et dur.
Les multinationales font leur lit des désordres en tout genre. L'adage boursier démontre actuellement toute leur stratégie:
"Il faut acheter au son du canon et vendre au son du clairon".Ce proverbe qui utilise des termes guerriers signifie qu'il faut acheter lorsque la situation est menaçante et vendre quand tout paraît favorable.
Les multinationales ont la souplesse, les moyens technologiques, la stratégie, la puissance financière pour contrecarrer toute politique vélléitaire contraire à leurs intérêts.
La réponse est donc par un encadrement plus strict des marchés, européen d'abord, afin de modéliser nos types d'interventions communes car les conflits d'intérêts internations européennes ne peuvent que diviser.
Les marchés des matières premières alimentaires doivent être régulés par les puissances publiques afin d'éviter la faim dans le monde et au sein même de l'Europe. Petite digression au passage : les MONSANTO par exemple savent bien qu'en nous liant à leurs semences par contrat nous serions prisonniers d'un système monopolistique et oligarchique.
Un plan mondial devrait être établi afin de déterminer les besoins alimentaires partout et y trouver les réponses adaptées sinon la famine déjà omniprésente va s'intensifier et créer les conditions de guerre et de révoltes partout.
L'urgence commande et les atermoiements n'ont plus leur place.
Laïque, vous avez dit laïque ?
Trois discours coup sur coup du président de la République sur la religion entre décembre 2007 et janvier 2008 : à Rome comme chanoine de Saint Jean de Latran, à l’université de Mentouri de Constantine et à Ryad.
Se rajoutent les déclarations de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur chargée des cultes et les propos d’Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de l’Elysée.
Toutes ces déclarations prennent pour cible la laïcité et la remettent en cause.
à Saint Jean de Latran, en décembre 2007
Il revisite l’histoire, n’hésitant pas à «tordre» les faits en fonction des conclusions qu’il veut tirer : «Je sais les souffrances que sa mise en œuvre (de la laïcité) a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé.»
Vous avez bien lu : «reconstruction rétrospective du passé».
Plus grave : «la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini.»
La morale laïque à l’origine des croisades, des guerres de religions, des auto da fé, du nazisme?
«Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.»
La considération portée aux enseignants ? Sans commentaire...
«Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse.»
Que ne prêche-t-il la vertu par l’exemple ? Soirée du 6 mai au Fouquet’s, croisière à Malte sur le bateau de l’industriel Vincent Bolloré, luxueuses vacances américaines offertes par de riches amis etc.
à Mentouri - Constantine (5 décembre 2007)
«En m’adressant à la jeunesse algérienne, je veux parler à ces centaines de millions de musulmans dans le monde qui se reconnaissent comme les héritiers d’un Islam qui a toujours su faire dialoguer la foi et la raison. »
Confusion grave ! Remplacez Algérie par France, musulman par catholique... Est-ce à dire que tous les Algériens sont des musulmans comme tous les Français des catholiques ?
à Ryad (le 14 janvier 2008) :
«Sans doute, Musulmans, Juifs et Chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Sans doute n’ont-ils pas la même manière de vénérer Dieu, de le prier, de le servir. Mais au fond, qui pourrait contester que c’est bien le même Dieu auquel s’adressent leurs prières ?»
On avait bien besoin d'une pensée aussi originale pour comprendre enfin ce qui est commun aux trois grandes religions monothéistes.
Oublierait-il que ce n’est au président de la République d’en appeler, dans un grand élan de ferveur et de piété, à «Dieu transcendant qui est dans la pensée et le cœur de chaque homme» ?
Et c’est en Arabie Saoudite qu’il le dit, c’est au cœur de l’un des pires totalitarismes religieux qu’il affirme que «Dieu n’asservit pas l’homme, mais le libère»,
Sectes ? Non-problème ?
On n’est pas davantage surpris par les propos d’Emmanuelle Mignon et de Michèle Alliot-Marie qui veut «toiletter» la loi de 1905.
La directrice de cabinet du président a déclaré que les sectes étaient «un non-problème en France», qui aurait «longtemps permis de dissimuler les vrais sujets». Quels sujets ?
La question porte notamment sur l’église de scientologie qu’elle dit ne pas connaître mais à propos de laquelle elle déclare : «ou bien c’est une dangereuse organisation et on l’interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l’ordre public et ils ont le droit d’exister en paix».
Or la stratégie de cette secte est précisément de ne pas faire de vagues, quitte, selon le cas, à exercer des pressions sur ses anciens membres qui se retournent contre elle, pour s’acheter une respectabilité.
Après la rencontre en août 2004 entre Nicolas Sarkozy et Tom Cruise, ambassadeur de la scientologie, après l’annonce de Michèle Alliot-Marie qui veut «décomplexer la lutte contre des dérives sectaires»et «assurer la liberté de croyance de tous» (y compris les sectes ?), le dérapage d’Emmanuelle Mignon qui touche à la laïcité a de quoi sérieusement inquiéter sur le «toilettage» de la loi de 1905 voulu par la ministre de l’Intérieur.
Le toilettage de la loi de 1905, au profit de qui ?
Brouiller la distinction entre culturel et cultuel c’est rétablir le financement public des religions, c’est détruire la laïcité.
Outre ses résonances communautaristes, l’amalgame entre culture et religion est un prétexte pour contourner la loi qui réserve le financement public à ce qui est d’intérêt commun.
La culture a une portée universelle ; le culte, une portée particulière.
Les croyants ne s’y trompent pas ! Le fatras de tartufferies, de bondieuseries et de provocations (rencontre médiatisée du scientologue Tom Cruise, œuvres complètes de Bernanos offertes au pape en compagnie du «délicat» Jean-Marie Bigard, portable vissé à l’oreille au Vatican, divorce et remariage dans la foulée, etc.) ruinent toute sincérité.
La Constitution de 1958 stipule que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Ce sont précisément les déclarations de Sarkozy, mêlant convictions personnelles et fonction présidentielle, sphère privée et sphère publique, qui portent atteinte à la laïcité de la République.
Alors il s’invente un adversaire imaginaire contre qui il gesticule et fait de petits moulinets : sus à la laïcité sectaire, de soupçon et de combat, à lui la laïcité « positive », telle qu’il la conçoit.
Il n'existe pas deux laïcités.
Est laïque la République qui assure à chaque citoyen la liberté de conscience, qui garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer.
Est laïque celui qui a le souci constant des plus fragiles dont se nourrissent les sectes ou les groupes à tendances sectaires. Ce qui suppose une vision convaincue de la laïcité comme garante de la liberté.
On est bien loin du compte avec Sarkozy ...
D. Simon