capitalisme - retraites
Chère Ségolène Royal,
Je voudrais dans les lignes qui suivent me faire l’avocat de deux orientations qui me tiennent à cœur. L’une concerne les retraites, l’autre ce que j’appelle faute de mieux le rôle du « tiers secteur ».
1. les retraites : j’ai lu dans plusieurs articles la référence à un système de retraite calculé en points et non en trimestres, avec le même point dans tous les régimes et combiné avec un système de choix de départ à la carte, notamment sous la plume de Thomas PIKETTY. La chose paraît très convaincante et équitable. Je pense que pendant la campagne présidentielle, beaucoup ont déploré l’absence de position claire de votre part sur ce sujet dont on doit reconnaître qu’il était casse-gueule et complexe. Prendre position dans la motion sur ce problème me paraît incontournable vu le vieillissement de la population et le départ d’activité des générations 44-47 dont je suis. (Il est vrai que Bayrou est favorable à cette idée de retraite à points, mais une bonne idée n’appartient à personne et surtout pas à un centre inexistant !).
2. un tiers secteur à mi-chemin entre secteur privé pur et secteur public : Michel Rocard à une époque s’était fait l’avocat de l’économie sociale. Par la suite, la réflexion sur le rôle de ce secteur s’est un peu perdue dans les sables. Pourtant, je crois essentiel le rôle d’un ensemble d’organismes qui sont totalement ou partiellement dans une logique d’entreprise (développer un programme d’activités en direction d’usagers/clients en équilibrant dépenses et recettes et en dégageant si possible un surplus économique affectable au futur, aux investissements et à la recherche). Les organismes du tiers secteur, quelle que soit leur nature juridique, n’ont pas à dégager une marge pour récompenser à tout prix des actionnaires d’avoir investi dans les actions de la société. Et surtout, ils n’ont pas à dégager une marge maximale dans une logique de profit à court terme, pour récompenser les actionnaires de cette année…
Il s’agirait donc pour moi d’affirmer dans la future motion un engagement en faveur du tiers secteur qui combine efficacité économique et respect des valeurs sociales, du développement durable et des objectifs de long terme.
Par « tiers secteur », j’entends quelque chose de plus large que l’économie sociale proprement dite :
- les associations
- les mutuelles
- les coopératives
- les fondations bien sûr
mais aussi :
- les organismes HLM de droit privé (entreprises de l’habitat social (ex-SAHLM), les coopératives HLM) dont le versement de dividendes aux actionnaires est très encadré
- les sociétés d’économie mixte dont la plupart ne versent pas de dividende à leurs actionnaires et qui par essence sont au service de l’intérêt local, leur actionnaire principal étant par définition une collectivité territoriale.
Le poids de ce secteur est souvent plus important qu’on ne le croit. Ainsi, dans ma région (région PACA), selon les statistiques de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire :
- les emplois ESS représentent 12,7% (133.491 salariés)
- 46.564 établissements
- 12.279 employeurs (8% des employeurs de la région)
Une fois reconnu ce rôle particulier du tiers secteur, on peut décliner par des mesures de soutien ou de préférence dans la commande publique…
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